Autriche
Nouveau revers électoral de l’extrême droite
Le parti d’extrême droite autrichien, le FPÖ, a enregistré dimanche un très net recul lors des élections locales organisées en Haute Autriche et dans le Tyrol. Ces résultats fragilisent sa participation à la coalition gouvernementale qu’il forme depuis 2000 avec le parti conservateur (ÖVP) du chancelier Wolfang Schüssel. Mais ils risquent surtout de favoriser le retour sur le devant de la scène politique nationale de Jörg Haider, l’homme qui avait réussi à amener l’extrême droite au pouvoir en Autriche en obtenant un score record lors des dernières élections générales de 1999.
Il ne s’agit que d’élections locales organisées dans deux provinces, la Haute Autriche et le Tyrol (en tout 1,5 million d’électeurs), mais tout de même, le recul du FPÖ est si important qu’il ne peut être interprété comme un simple incident de parcours. D’autant qu’il fait suite à un autre revers très significatif enregistré lors des élections législatives de novembre 2002 où le parti avait déjà entamé sa chute en n’obtenant que 10,4 % des suffrages. Entre 1997 et 2003, le FPÖ est passé de 20,6 % des suffrages à 8,4 % en Haute Autriche, et de 19,6 % à 8 % au Tyrol. Soit une baisse de plus de la moitié en nombre de voix recueillies qui ne lui permet d’obtenir que 4 et 2 sièges et le place en quatrième position derrière les conservateurs (ÖVP), les sociaux démocrates (SPÖ), et même les Verts, dans chacune des deux régions. On est bien loin des élections générales de 1999, où sous la direction de Jörg Haider, l’extrême droite avait remporté 27 % des suffrages. Un score qui lui avait permis de devenir le deuxième parti autrichien et donc de se placer en position avantageuse avant de former, en 2000, une coalition gouvernementale avec les conservateurs.
Le revers de ce dernier scrutin pose du coup un certain nombre de questions quant à l’avenir du FPÖ. Notamment en ce qui concerne les modalités de sa participation au pouvoir aux côtés de l’ÖVP. Certes, le chancelier Wolfang Schüssel a pris le parti de minimiser l’impact des résultats des élections en Haute Autriche et dans le Tyrol en déclarant : «Les deux länder ont bien voté. Je ne crois pas que notre partenaire dans la coalition ait été déstabilisé». Cette vision optimiste de la situation est d’autant plus facile à présenter pour le chancelier que les conservateurs ont, quant à eux, obtenu des scores plutôt favorables en arrivant en tête dans les deux scrutins, même si la plus forte progression revient aux socio-démocrates qui gagnent 11% en Haute Autriche et 4,1 % au Tyrol. L’ÖVP a totalisé 43,4 % des voix en Haute Autriche et 49,9 % au Tyrol où le parti a donc frisé la majorité absolue. Cette vision n’est néanmoins pas totalement réaliste car le FPÖ va être maintenant obligé de s’interroger sur les raisons qui ont conduit à un tel échec. Et de cet examen peut découler un bouleversement à la tête du parti qui aura forcément un impact sur la coalition.
«L’homme providentiel»
Face à la débandade vécue actuellement par le FPÖ, Jörg Haïder fait en effet figure d’«homme providentiel». Pour de nombreux militants, le salut du parti d’extrême droite passe par le retour sur le devant de la scène politique du leader qui a quitté la direction du FPÖ et s’est retiré dans son fief de Carinthie depuis mai 2000, lorsque l’Autriche s’est vu imposer des sanctions par l’Union européenne à cause de la participation de l’extrême droite au pouvoir. Reste à savoir, dans le cas où Jörg Haider reprendrait la tête du parti, s’il voudrait aussi occuper le poste de vice-chancelier à la place du dirigeant du FPÖ, Herbert Haupt. Dans ce cas, la coalition gouvernementale avec les conservateurs ne pourrait pas tenir très longtemps car Jörg Haider est l’un des plus farouches adversaires du chancelier Schüssel.
Pour le moment, Jörg Haider fait mine de modérer ses appétits. Il a déclaré lundi : «Je n’ai aucune prétention à vouloir prendre la tête de la direction fédérale du parti». Ce qui n’empêche pas ses proches de lancer l’offensive contre les dirigeants du FPÖ. Martin Strutz a ainsi estimé que : «Face à ces résultats catastrophiques, la direction du parti aurait dû suivre les conseils de Monsieur Haider». De son côté, Maria Bleckmann, la secrétaire générale du FPÖ, a choisi le camp du vice-chancelier Haupt en déclarant : «Un retour de Jörg Haider à la tête du parti n’est pas à l’ordre du jour». Les divergences internes qui semblent avoir été à l’origine de la débâcle électorale du parti d’extrême droite ne se sont donc pas apaisées avec l’annonce des résultats des scrutins en Haute Autriche et au Tyrol. Plus que jamais, les observateurs estiment que le FPÖ est divisé et que la guerre des chefs, qui se conjugue avec l’absence d’une ligne politique claire, risque de perdurer. Dans cette situation, les élections provinciales en Carinthie, fief de Haider, le 7 mars 2004, représentent la prochaine échéance importante pour l’avenir de la coalition gouvernementale autrichienne.
Le revers de ce dernier scrutin pose du coup un certain nombre de questions quant à l’avenir du FPÖ. Notamment en ce qui concerne les modalités de sa participation au pouvoir aux côtés de l’ÖVP. Certes, le chancelier Wolfang Schüssel a pris le parti de minimiser l’impact des résultats des élections en Haute Autriche et dans le Tyrol en déclarant : «Les deux länder ont bien voté. Je ne crois pas que notre partenaire dans la coalition ait été déstabilisé». Cette vision optimiste de la situation est d’autant plus facile à présenter pour le chancelier que les conservateurs ont, quant à eux, obtenu des scores plutôt favorables en arrivant en tête dans les deux scrutins, même si la plus forte progression revient aux socio-démocrates qui gagnent 11% en Haute Autriche et 4,1 % au Tyrol. L’ÖVP a totalisé 43,4 % des voix en Haute Autriche et 49,9 % au Tyrol où le parti a donc frisé la majorité absolue. Cette vision n’est néanmoins pas totalement réaliste car le FPÖ va être maintenant obligé de s’interroger sur les raisons qui ont conduit à un tel échec. Et de cet examen peut découler un bouleversement à la tête du parti qui aura forcément un impact sur la coalition.
«L’homme providentiel»
Face à la débandade vécue actuellement par le FPÖ, Jörg Haïder fait en effet figure d’«homme providentiel». Pour de nombreux militants, le salut du parti d’extrême droite passe par le retour sur le devant de la scène politique du leader qui a quitté la direction du FPÖ et s’est retiré dans son fief de Carinthie depuis mai 2000, lorsque l’Autriche s’est vu imposer des sanctions par l’Union européenne à cause de la participation de l’extrême droite au pouvoir. Reste à savoir, dans le cas où Jörg Haider reprendrait la tête du parti, s’il voudrait aussi occuper le poste de vice-chancelier à la place du dirigeant du FPÖ, Herbert Haupt. Dans ce cas, la coalition gouvernementale avec les conservateurs ne pourrait pas tenir très longtemps car Jörg Haider est l’un des plus farouches adversaires du chancelier Schüssel.
Pour le moment, Jörg Haider fait mine de modérer ses appétits. Il a déclaré lundi : «Je n’ai aucune prétention à vouloir prendre la tête de la direction fédérale du parti». Ce qui n’empêche pas ses proches de lancer l’offensive contre les dirigeants du FPÖ. Martin Strutz a ainsi estimé que : «Face à ces résultats catastrophiques, la direction du parti aurait dû suivre les conseils de Monsieur Haider». De son côté, Maria Bleckmann, la secrétaire générale du FPÖ, a choisi le camp du vice-chancelier Haupt en déclarant : «Un retour de Jörg Haider à la tête du parti n’est pas à l’ordre du jour». Les divergences internes qui semblent avoir été à l’origine de la débâcle électorale du parti d’extrême droite ne se sont donc pas apaisées avec l’annonce des résultats des scrutins en Haute Autriche et au Tyrol. Plus que jamais, les observateurs estiment que le FPÖ est divisé et que la guerre des chefs, qui se conjugue avec l’absence d’une ligne politique claire, risque de perdurer. Dans cette situation, les élections provinciales en Carinthie, fief de Haider, le 7 mars 2004, représentent la prochaine échéance importante pour l’avenir de la coalition gouvernementale autrichienne.
par Valérie Gas
Article publié le 29/09/2003

