Maghreb
Rémy Leveau, un érudit du monde arabo-musulman

(Photo : Thomas Bourdeau/RFI)
Devenu consultant à l’Institut français des relations internationales (IFRI), Rémy Leveau avait su bâtir une vie professionnelle entièrement vouée au monde arabo-musulman. Fin connaisseur du Moyen et Proche-Orient il faisait autorité dans les matières se rapportant à cette partie du monde. Passionné de droit c’est en science politique qu’il donne toute la mesure de sa soif d’apprendre, de connaître et de mettre son savoir à disposition du plus grand nombre. Pour tous les médias français, il était le «Monsieur monde arabe» que tout le monde s’empressait d’interroger pour bien comprendre la donne sociale et les enjeux politiques dans le monde arabe.
Disponible et profondément gentil il ne se prenait jamais pour le connaisseur absolu, imbus de ses connaissances. Enseignant, Rémy Leveau n’est pas moins un éternel étudiant à l’écoute de son temps et des gens. Ces qualités et aptitudes l’ont rapidement conduit à occuper des fonctions d’enseignant à la faculté de Droit de Rabat entre 1958 et 1965.
Le «Monsieur monde arabe»Docteur en droit et agrégé en science politique, il a été remarqué et sollicité comme conseiller juridique au ministère marocain de l’Intérieur de 1968 à 1974. Il est appelé à l’ambassade de France à Tripoli (Libye) pour y occuper un poste de conseiller culturel pendant un an (1974-1975). Mais il est rattrapé par l’enseignement et redevient professeur à la faculté de Droit de l’université Saint-Joseph de Beyrouth (Liban) et alterne entre enseignement et fonctions diplomatiques. De 1975 à 1983 il a servi au ministère des Affaires étrangères et a occupé un poste de conseiller culturel à l’ambassade de France au Caire en Egypte. Il revient à l’Institut d’études politiques de Paris (Science Po), où lui-même a été formé pour conduire un programme doctoral sur le monde arabo-musulman et mettre en place une équipe de recherches sur l’islam en France. Collaborateur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris, il était aussi professeur à l’Université Johns Hopkins de Bologne (Italie), coopérant avec de nombreuses universités allemandes pour la mise en place des études doctorales sur le mode arabo-musulman, auquel il voué toute sa vie.
par Didier Samson
Article publié le 05/03/2005 Dernière mise à jour le 05/03/2005 à 11:41 TU

