Littérature
Découverte d’un roman inédit d’Alexandre Dumas

(Photos : Carjot / AFP )
Au mois de juin doit paraître aux éditions Phébus Le Chevalier de Sainte-Hermine, un roman inachevé écrit un an avant la mort de l’écrivain. Il était truffé d’erreurs sans doute dues aux impératifs d’une impression quotidienne. Claude Schopp, le découvreur du trésor, s’est attelé pendant dix ans à y apporter les corrections nécessaires en vue d’une mise en forme cohérente et une publication en librairie.
Le travail de recherche et d’enquête de Claude Schopp, expert passionné d’Alexandre Dumas père, a duré près de 17 ans. L’aventure a commencé alors qu’il cherchait à vérifier un détail pour un sujet ayant trait aux Trois mousquetaires et qu’il tomba sur un quotidien de l’époque. D’un premier extrait, il en trouva deux puis trois; et, de découverte en découverte, les extraits s’additionnant pendant des mois de recherches assidues, le tout allait constituer un ensemble cohérent de 900 pages.
«c’est une pièce qui manquait dans le puzzle (…)»
Emerveillé, il assure: «pendant un quart d’heure, au contact de ce trésor, j’ai eu l’impression de posséder le monde» (…) «c’est du grand Dumas, dans la veine du héros vengeur tel que le Comte de Monte Christo». En fait, l’expert dumasien explique que le chevalier de sainte-Hermine était déjà mentionné dans deux autres ouvrages: Les Blancs et les bleus, et les Compagnons de Jéhu, et qu’il s’agit donc là du chaînon manquant de la trilogie. Il s’agit d’une œuvre majeure et d’un événement : «c’est une pièce qui manquait dans le puzzle de l’œuvre romanesque de Dumas».
Le travail effectué par Claude Schopp, à l’abri de toutes les indiscrétions, a été qualifié de «titanesque» par Jean-Pierre Sicre -qui éditera l’ouvrage en juin prochain. C’était, souligne-t-il, «d’autant plus ardu que l’écrivain avait l’habitude de multiplier les identités pour un seul personnage». Quant à la fin du roman inachevé, Claude Schopp s’est aventuré à en fournir une, en italique, sans pour autant désespérer d’en trouver une «car il est possible qu’elle ait quand même été écrite».
Ce n’est pas la première fois que l’on retrouve un inédit du très prolifique Alexandre Dumas. Il s’agissait jusque-là de pièces de théâtre ou de correspondances. Un Québécois avait déjà exhumé Les voleurs d’or, une pièce de théâtre en cinq actes des archives de la même BNF.
par Dominique Raizon
Article publié le 22/03/2005 Dernière mise à jour le 22/03/2005 à 15:57 TU




