Estampes japonaises
Le voyage unique des grands maîtres d’excellence

(Photo : musée Ôta de Tokyo)
Dans la première et la seconde salle, sobrement encadrées de bois clair sur fond blanc, des estampes aux couleurs étonnamment fraîches, dont la palette dominante est dans les jaunes et noirs, quelquefois rehaussés ici de rouge, et là de vert, présentent un état de conservation exceptionnel, dans des tons chauds et doux. Dans la troisième salle, ce sont les bleus qui dominent avec des sujets
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| Katsushika Hokusai (1760-1849) Trois beautés (rouleau de droite) ( 93 x 24,9 cm) (Photo : musée Ôta de Tokyo) |
Rigoureusement préservées, ces œuvres -peintures, estampes, éventails, livres- viennent retracer, dans un ordre chronologique, la grande épopée d’un art qui n’a cessé de s’enrichir au fil des décennies. Il s’agit de l’art de l’ukiyo-e, un terme qui désignait à l’origine ce «bas monde de misères et de souffrances» et qui désigna par la suite le «monde flottant», celui des plaisirs éphémères. «Pour la première et la dernière fois, précise son conservateur en chef, Seiji Nagata, nous avons accepté de la prêter à un musée. Ce sont des œuvres d’une fragilité extrême, qui ne peuvent être montrées à la lumière d’une manière prolongée, leurs pigments végétaux étant sensibles aux ultraviolets.»
Point de nus ou de scènes érotiques. Les sujets traitent des saisons, des rythmes de vie diurne et nocturne, de phénomènes naturels comme la pluie ou la neige, de scènes de la vie quotidienne : des jeux d’enfants, des disciplines bienséantes comme la cérémonie du thé ou l’arrangement floral, des scènes de théâtre kabuki, ou bien encore de concours des beautés à la mode dans le quartier des plaisirs. Outre le très beau catalogue sur papier glacé édité par la Réunion des musées nationaux, des panneaux explicatifs guident et initient le visiteur à l’art de l’ukiyo-e. Une projection de diapositives complète l’effort pédagogique et explique comment toute la peinture de mœurs et de scènes de genres de la ville contemporaine est reliée à l’ancienne capitale d’Edo, dans ses représentations souvent paysagères et urbaines. L’exposition complète celle qu’avait présentée le Grand Palais (Paris) l’an dernier.
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| Utagawa Hiroshige (1797-1858) Cinquante-trois relais du Tôkaidô : Averse soudaine à Shôno (25,3 x 38,2 cm) (Photo : musée Ôta de Tokyo) |
Des albums xylographiques, imprimés selon les mêmes techniques de gravure sur bois que les estampes ukiyo-e, dont les auteurs sont Shunshô et Utamaro, permettent à Jean-François Jarrige, président du musée Guimet, de rappeler que «si les premiers exemplaires apparurent dès le début du XVIIe siècle, ce n’est qu’à la fin du siècle, quand apparut la gravure à feuille unique, que commencèrent à être publiés des ouvrages composés majoritairement d’illustrations auxquels on donna le nom de eho, ou « livre d’images».
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| Utagawa Hiroshige (1797-1858) Soixante-neuf stations de Kiso Kaidô : Seba ( 25,2 x 37,3 cm) (Photo : musée Ôta de Tokyo) |
par Dominique Raizon
Article publié le 07/07/2005 Dernière mise à jour le 07/07/2005 à 17:24 TU






