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Inde

Bombay fait le compte de ses pertes économiques

Les pluies torrentielles ont fait près d’un millier de morts à Bombay et ses environs. (Photo : AFP)
Les pluies torrentielles ont fait près d’un millier de morts à Bombay et ses environs.
(Photo : AFP)
Pour la première fois, les pluies record qui engloutissent depuis une dizaine de jours l'ouest de l'Inde et sa capitale économique Bombay ont cessé. Depuis le début de la mousson, près d’un millier de personnes sont mortes, noyées ou ensevelies dans des glissements de terrain. Ces pluies diluviennes ont également des répercussions sur le plan économique. Les premières estimations annoncent une très lourde facture.

L’Etat du Maharashtra, dont Bombay est la capitale, a pris de plein fouet les pluies de mousson torrentielles. Cette région, où sont implantées les plus grandes entreprises, est considérée comme sinistrée. On observe déjà une stagnation des activités liée aux problèmes de transport. Pendant près d’une semaine, l’aéroport de Bombay -le plus important du pays en terme de trafic- a été fermé et les trains inter-urbains suspendus. Même si depuis hier, le trafic est en effet redevenu normal et les employés ont pu retourner progressivement à leur bureau, les autorités indiennes continuent de demander aux habitants de ne pas sortir et aux touristes d’éviter de voyager dans la région.

Les dégâts dans cet Etat industriel, dont la capitale Bombay a été paralysée trois jours durant, la semaine dernière, avec plusieurs marchés fermés et la Bourse close pendant 24 heures, ont été considérables. Si les services publics et les Banques sont restés ouverts pendant cette mousson meurtrière, ce n’est pas le cas de nombreuses industries manufacturières qui ont dû arrêter la production. Privé de main d’œuvre, le secteur automobile a été durement frappé. De nombreux entrepôts pharmaceutiques ont également été dévastés, et les autorités locales craignent déjà une pénurie de médicaments.

Près de 900 millions de dollars de dégâts

Le secteur agricole n’est pas non plus épargné par les perturbations. L'Etat du Maharashtra est un Etat agricole fondamental de l’Inde, en particulier pour ses récoltes destinées à l’export comme le sucre ou les oléagineux. Réputées rentables, ces productions vont vraisemblablement fortement chuter. Les premières estimations de la Chambre de commerce et d'industrie de Bombay attestent de cette situation. Le coût des dégâts causés par les inondations pourrait ainsi s’élever à 40 milliards de roupies (près de 900 millions de dollars). Autre chiffre significatif : le montant des demandes d’indemnisations. Les quatre plus grandes compagnies d’assurance annoncent déjà le chiffre record de 10 milliards de roupies (près de 230 millions de dollars).

La population de l'ouest de l'Inde a également payé un très lourd tribut à la mousson. Les précipitations, habituelles en cette période de l’année mais d'une ampleur exceptionnelle, ont fait près d’un millier de morts. C'est dans la ville de Bombay, capitale financière du pays de 15 millions d'habitants que l’on recense plus de la moitié des décès. Ces inondations ont avant tout touché les plus fragiles et notamment les milliers de personnes qui vivent dans la rue. Plus de 60 000 habitants des bidonvilles situés près de fleuves et de lacs en crue ou de barrages ont été évacués, notamment dans la banlieue nord de Bombay.

Des dégâts considérables, des maisons éventrées et des centaines de milliers de personnes démunies. La tâche que doivent accomplir les employés municipaux est complexe. La région de Bombay manque cruellement d'eau potable: le débordement des cours d’eau a en effet entraîné l’explosion des canalisations et des égouts. Autre inquiétude, les menaces de maladies liées à la contamination de l’eau. Depuis dimanche, des équipes s’activent au nettoyage des quartiers et déblaient les milliers de carcasses de chèvres et vaches mortes noyées, aspergeant des zones entières d’insecticides pour éviter toute propagation d’épidémies.


par Myriam  Berber

Article publié le 02/08/2005 Dernière mise à jour le 02/08/2005 à 17:01 TU

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Patrick Lachassagne

Hydrogéologue au Bureau de recherche géologique et minière

«A Paris en une année il tombe une fois et demi moins d’eau qu’à Bombay.»

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