France – Côte d’Ivoire
Le temps des juges

(Photo : AFP)
Le tribunal aux armées
Dans l’instruction sur le bombardement de la position française de Bouaké, le procureur du tribunal aux armées
Deux Ivoiriens visés par les mandats d’arrêt
Pour l’heure, ce sont les membres ivoiriens de l’équipage des deux avions qui sont visés par les mandats d’arrêt internationaux qui devraient être effectivement lancés via Interpol assez rapidement dans le cadre de cette instruction pour « assassinats, tentative d’assassinats et destruction de biens ». Pour ce qui concerne les deux pilotes étrangers, ils semblent qu’ils n’ont pas encore pu être identifiés par la juge d’instruction. Dans la pratique, les deux pilotes ivoiriens ne risquent pas de se retrouver dans le bureau du magistrat tant qu’ils restent sur le territoire ivoirien dans la mesure où un pays n’extrade pas ses ressortissants nationaux. En revanche, tout déplacement à l’étranger fait peser
Dans l’autre dossier judiciaire franco-ivoirien, un bras de fer feutré oppose la juge d’instruction du tribunal aux armées
Le nouveau centre névralgique des relations franco-ivoiriennes
Les choses se compliquent encore lorsque la justice militaire ivoirienne intervient. Le procureur militaire de Côte d’Ivoire s’est rendu à Paris cette semaine pour rencontrer la juge Raynaud et lui demander « des moyens » et une « aide logistique » pour mener à bien des investigations sur le terrain, notamment afin de « localiser le corps [de Firmin Mahé] et de l’identifier ». Le procureur, Ange Kessi, assure qu’il a besoin de l’appui de la force Licorne pour pouvoir se rendre sur les lieux. On ignore quelle a été la réponse de la juge d’instruction française.
Ce que l’on sait en revanche, c’est que nouveaux documents viennent de lui être transmis par le ministère français de la Défense. L’annonce en a été faite jeudi par le porte-parole de Michèle Alliot-Marie qui assure que « quelques documents » de la force Licorne concernant l’affaire Mahé ont été envoyés à Paris par les forces françaises déployées en Côte d’Ivoire. Le porte-parole précise que la ministre « a fait déclassifier immédiatement les documents et les a fait transmettre à la justice ».
Entre une juge d’instruction manifestement peu sensible aux pressions politique, un ministère de la Défense qui assure vouloir faire toute la lumière sur l’affaire Mahé, des autorités ivoiriennes qui apparaissent peu désireuses de voir avancer l’enquête sur le bombardement de Bouaké, les hauts lieux des relations franco-ivoiriennes viennent de s’enrichir d’un nouveau point de passage incontournable : le rez-de-chaussée de la caserne de Reuilly dans l’est de Paris. C’est là que se trouve le bureau du seul magistrat instructeur du tribunal aux armées de Paris.
par Philippe Couve
Article publié le 24/12/2005 Dernière mise à jour le 24/12/2005 à 15:58 TU



