Congo Brazzaville
Brazzaville et les «vautours»

(Photo : AFP)
La justice britannique a révélé des montages financiers complexes visant à dissimuler à ses créanciers les recettes pétrolières du pays via des sociétés écrans. Brazzaville contre-attaque et dénonce des «créanciers vautours».
Le gouvernement avoue cacher ses revenus pétroliers pour «échapper à des créanciers vautours» qui veulent saisir ses comptes. Des confidences pour le moins cocasses qui sont à rapprocher du récent scandale révélé par la justice britannique qui a mis à jour des montages financiers complexes destinés à dissimuler les recettes pétrolières du Congo à ses créanciers, au profit de proches du pouvoir.
«Nous sommes harcelés, des créanciers vautours cherchent partout nos revenus pour que nous remboursions nos dettes. Nous sommes obligés de protéger notre argent par des mécanismes parfois peu orthodoxes.» Ce sont les révélations faites par le Premier ministre congolais, hier à Brazzaville.
Selon Isidore Mvouba les «créanciers vautours» sont des sociétés financières internationales ayant racheté des dettes du Congo auprès de certains créanciers et qui demandent ensuite à se faire rembourser par voie judiciaire. Or pour le Premier ministre, les ressources du Congo sont limitées.
Cette ligne de défense du gouvernement congolais intervient quelques semaines après un procès perdu par la République du Congo face à plusieurs créanciers, devant la justice britannique. La justice avait alors dénoncé le recours à des sociétés écrans, qui vise à ne pas payer les créanciers.
Mais surtout, selon l'ONG britannique Global Witness, le procédé a permis à l'Etat de détourner des sommes énormes du budget congolais au profit de sociétés détenues par des personnalités très proches du pouvoir. Il n'est pas sûr que les dernières confessions du Premier ministre arrivent à convaincre les bailleurs de fond et la justice de la bonne foi du gouvernement congolais.
par Christine Muratet
Article publié le 23/01/2006 Dernière mise à jour le 23/01/2006 à 13:25 TU


