Nigeria – Sénégal : 1 – 0
Une « petite finale » à vite oublier !

(Photo : AFP)
Le Nigeria remporte la « petite finale » face à une équipe bis du Sénégal un peu juste physiquement et tactiquement. En décrochant cette médaille de bronze à la CAN, les « Super Eagles » offrent un modeste trophée à leur capitaine, Jay Jay Okocha, qui jouait là, très probablement, sa dernière grande rencontre africaine.
De l’un de nos envoyés spéciaux en Egypte
Une haie de photographes pour immortaliser l’instant : Jay Jay Okocha reçoit la médaille de bronze, avec ses coéquipiers, pour la troisième place que le Nigeria vient de décrocher dans cette CAN. Les « Super Eagles » remportent la « petite finale », mais ce match avait un goût particulier pour le capitaine nigérian.
C’était là, a priori, sa dernière apparition dans une Coupe d’Afrique des nations. Le charismatique meneur de jeu a joué un peu plus d’une heure dans ce match, avant d’être remplacé par Wilson Oruma. En sortant du terrain, Jay Jay Okocha reçoit, de la part des spectateurs, bien que peu nombreux dans le stade de l’Académie militaire, une chaleureuse salve d’applaudissements. Une page se tourne sans doute pour les « Super Eagles », même si ce match ne restera pas forcément dans les annales, du fait du spectacle relativement terne offert par les deux équipes.
Les « Lionceaux » peu mordants
Pour les Sénégalais, il fallait ravaler l’amertume de la défaite en demi-finale face à l’Egypte et se mobiliser pour ce dernier match. Abdoulaye Sarr avait décidé de faire jouer l’équipe bis, celle de remplaçants, en donnant ainsi leur chance à de jeunes joueurs : Papa Mamadou Diouf dans les buts (à la place de Tony Sylva), Guirane Ndaw et Boukary Dramé en défense, et Dino Djiba parmi les milieux de terrain.
Les cadres des « Lions » avaient ainsi été laissés au repos. Et il faut bien le dire, leur absence s’est fait sentir. Les jeunes « Lions », bien que très motivés, ont eu du mal à poser leur jeu. Trop d’approximations, pas assez de dialogue. Et surtout pas de réel leader parmi les onze Sénégalais sur le terrain. Il fallait toute la vivacité du duo d’attaquants (Diomansy Kamara et Souleymane Camara), pour que les hommes d’Abdoulaye Sarr se rapprochent du but adverse. A la 32ème minute, Camara, sociétaire de Nice, tire au-dessus. Dix minutes plus tard, l’autre Kamara, joueur de Westbromwich, s’engouffre dans l’axe et entre dans la surface de réparation adverse, il décale le ballon vers Rahmane Barry, lancé sur sa gauche, mais le tir du joueur de Lorient passe à côté du but de Vincent Enyeama.
(Photo : Olivier Péguy/RFI)
En seconde période, les occasions sont encore plus maigres. L’entraîneur a beau faire entrer du sang neuf, de joueurs plus expérimentés, tels Henri Camara et Mamadou Niang, pour épauler le très combatif Diomansy Kamara, rien n’y fait. La motivation n’est décidément pas au rendez-vous.
Les Nigérians, maîtres du jeu
En fait, durant cette rencontre, ce sont les Nigérians qui ont eu la maîtrise du jeu. Une plus grande possession de balle, de meilleures combinaisons. Il faut dire que Augustine Eguavoen n’avait effectué que peu de changements par rapport à son équipe type. Et malgré leur jeune âge, les joueurs du Nigeria ont donné l’impression de mieux maîtriser leur sujet. Ils se sont créé plusieurs chaudes occasions.
Dès la 11ème minute, Taye Taiwo adresse un puissant tir qui s’écrase sur la barre transversale du but sénégalais. A la demi-heure de jeu, nouvelle alerte pour les « Super Eagles », avec un tir du vif attaquant de l’Inter Milan, Obafemi Martins, mais la frappe n’est pas cadrée. Ce même Martins, à la 66ème minute, hérite d’un ballon dans la surface adverse, mais là encore, son tir passe au-dessus du but gardé par Diouf. Sans vraiment forcer, peut-être à cause de la fatigue accumulée durant cette CAN, les Nigérians parviennent néanmoins à trouver la faille à la 79ème minute. John Utaka déborde côté droit. Son centre est repris au deuxième poteau par Garba Lawal, du plat du pied. Le ballon file dans le but sénégalais (1-0). Le score ne bougera plus.
La victoire des « Super Eagles » est logique, au regard de ce match au rythme un peu ralenti. Les Nigérians, habitués aux « petites finales », s’imposent face à des « Lions » sénégalais trop approximatifs, pas assez enthousiastes. Tournons la page, et pensons déjà à l’avenir.
par Olivier Péguy
Article publié le 09/02/2006 Dernière mise à jour le 10/02/2006 à 16:25 TU

