Revue de presse Asie
Le débat sur la pilule abortive tourne à l'aigre en Australie
Le débat sur le contrôle de la pilule abortive tourne presque à la guerre des civilisations en Australie. Après les déclarations de la députée conservatrice Danna Vale qui s'est effrayée hier «que l'Australie ne devienne dans 50 ans un pays musulman» en raison de l'important nombre d'avortements des Australiennes dites «de souche». «Une nation musulmane : impossible» titre le South Morning Herald qui cite Amanda Vanstone, la ministre de l'Immigration, qui exige de la députée des excuses publiques auprès de la communauté musulmane. Au cœur de cette polémique, le débat engagé au Parlement sur le contrôle et l'attribution de la pilule abortive RU 486. «Une partie des députés souhaiterait que son contrôle ne soit plus du seul ressort du gouvernement», explique le South Morning Herald, «et passe sous la responsabilité de l'Administration des produits thérapeutiques». Le Premier ministre John Howard est également «monté au créneau pour condamner les propos de la députée conservatrice», souligne de son côté le quotidien The Age, alors que la communauté musulmane dénonce «des commentaires irresponsables et racistes». John Howard a appelé les députés «à faire preuve de calme et de responsabilité» dans la conduite de ce débat que le Premier ministre espère voir trancher d'ici à la fin de cette semaine.
La condamnation à mort de deux Australiens en Indonésie
«Ces condamnations à mort sont un avertissement pour tous les Australiens», titre le Jakarta Post, qui s'appuie sur les propos du Premier ministre australien pour justifier en quelque sorte ce terrible verdict. «Ces condamnations étaient prévisibles», a ainsi estimé John Howard pour qui «les accusés ont agi de manière stupide» en s'impliquant dans ce trafic de drogue à Bali. Les deux Australiens condamnés à mort sont âgés de 22 et 24 ans. Le trafic porte sur 8 kilos d'héroïne. Des condamnations qui ont ému l'Australie où la peine de mort a été abolie, ce qui explique l'actuelle controverse sur le rôle de la police australienne qui a renseigné la police indonésienne et permis ces arrestations et donc mis en danger de mort les interpellés. «Ce sont là des accusations injustes, la police doit nous protéger des ravages de la drogue», a encore estimé John Howard toujours cité par le Jakarta Post. Le Premier ministre australien promet néanmoins de «lancer un appel à la clémence» auprès des autorités indonésiennes pour que les peines de mort prononcées ne soient pas appliquées.
Le débat sur les caricatures de Mahomet à la une de la presse en Inde
L'éditorialiste du Times of India explique que les caricatures du prophète sont véritablement offensantes, non pas parce qu'elles sont blasphématoires, mais «parce qu'elles diabolisent la communauté musulmane. Il n'est pas besoin d'être un musulman particulièrement fervent pour être profondément offensé par ces caricatures», explique l'éditorialiste qui s'interroge également sur les motivations des caricaturistes qui ne souhaitent représenter le prophète «que sous les traits d'un tyran misogyne ou d'un terroriste assoiffé de sang». Ceci étant, fait valoir le Times of India, si les musulmans ont raison de protester, la forme de leur protestation - notamment les condamnations à mort proférées dans certains pays contre les ressortissants danois et norvégiens «est extrêmement dommageable», car elle donne du «crédit à cette image caricaturale de violence» que tente justement de combattre la communauté musulmane.
Chirurgie esthétique pour fêter la St Valentin en Chine
Des amoureux un peu particuliers font la une du China Daily. Il s'agit de Liu Yan et de son amoureux -tout souriants qui ont décidé non pas d'un dîner aux chandelles, mais «de se faire refaire le nez» pour fêter la St Valentin. «C'est très tendance à Shangaï», explique le China Daily qui précise que «les cliniques de chirurgie esthétique de la ville proposent des réductions de 20% pour la St Valentin». Liu Yan avoue, elle, «que cette double opération va créer un lien spécial avec son amoureux, que cela va les rapprocher». A 1200 dollars l'opération, l'investissement amoureux n'est pas donné. Ce qui ne semble pas effrayer les Chinois. Selon l'agence Chine Nouvelle, «avec un chiffre d'affaires de plus de 3 milliards de dollars, la chirurgie esthétique est désormais une activité florissante» dans le pays.
par Véronique Rigolet
[14/02/2006]
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