Revue de presse internationale

«Une claque pour Blair», titre Le Parisien. «Sa plus sévère défaite électorale depuis 9 ans qu'il est au pouvoir». Selon L'Humanité, «le parti travailliste subit même une véritable déroute dans la banlieue de Londres. La maison Blair est ébranlée par les municipales». Ainsi, «mis en échec - confirme en Une Le Figaro - le Premier ministre britannique cherche à rebondir». Avec «un profond remaniement gouvernemental». «Pour comprendre la désaffection des électeurs», Libération estime que la question de l'Irak «figure en bonne place. Son alignement sur George Bush, sa participation active au mensonge sur l'arsenal irakien et la litanie des morts britanniques dans cette guerre contestée ont sapé l'autorité morale et politique de l'équipe Blair». En outre, «le fossé entre le discours idéaliste et la réalité sociale est devenu trop grand pour ne pas avoir de traduction politique». L'éditorial du Figaro observe que «David Cameron est en train de réussir, petit à petit, à ramener les Tories (conservateurs) aux portes du pouvoir. A 39 ans, cet homme neuf incarne exactement ce que Tony Blair représentait pour la gauche il y a une décennie : une nouvelle façon de faire de la politique avec pour objectif primordial de moderniser la Grande-Bretagne pour profiter de la mondialisation».
D'après Les Dernières Nouvelles d'Alsace, «après ce cinglant échec», et en dépit du remaniement, le Premier ministre «ne retarde que la date de son départ ; vraisemblablement pour la fin de l'année». Le Télégramme rappelle qu'il fût néanmoins «le premier travailliste à avoir remporté trois victoires consécutives aux élections législatives». Mais «ils ne sont pas nombreux, les hommes politiques qui savent s'arrêter à temps». «Décidément, les premiers ministres, qu'ils soient à Londres ou à Paris, n'ont pas la côte», observe La Nouvelle République du Centre Ouest. Mais Monsieur Blair, «jamais aussi bon que dans l'adversité, a réagi au quart de tour, se débarrassant au passage de ses ministres les plus gênants. Il vendra (quant à lui) chèrement sa tête». La Presse de la Manche, (en voisine), redoute «de voir le Royaume-Uni accentuer son atlantisme aux dépens de l'Europe». L'Est Républicain insiste en écrivant : «Il ne fait pas bon rester trop longtemps au pouvoir. Voyez Jacques Chirac, usé par onze ans de présence à l'Elysée. Regardez Tony Blair éreinté par dix années à la tête du gouvernement». Toutefois, remarque le Midi Libre, «Blair possède, à l'évidence, l'expérience politique qui fait si cruellement défaut à Villepin». Un «parallèle tentant», que reprend Le Républicain Lorrain : «En France, le pouvoir a pour habitude de laisser faisander les situations, au nom du vieux principe selon lequel il n'est de problème que ne finisse par résoudre l'absence de solutions. On laisse donc pourrir». Quoique «l'on pense du blairisme, une leçon nous est administrée par ce Premier ministre que l'on disait usé».
Nouvelle torpille
En France, relève Libération, «l'affaire Clearstream n'en finit pas de pourrir les relations au plus haut sommet de l'Etat». Dernier épisode en date, «au cœur de la tourmente politique, la ministre de la Défense, (qui) a réussi à se mettre à dos à la fois Villepin et Sarkozy. «Elle énerve tout le monde», note un proche de ce dernier». La République du Centre considère dès lors que «la tactique, parmi les membres du gouvernement, est clairement aujourd'hui celle du chacun pour soi. Ils sont peu nombreux, désormais, à être prêts à mourir pour le hussard Villepin». Concernant ce même «flamboyant», La Provence note que son «état de grâce» n'aura duré que quelques semaines. «Successivement balayé par les banlieues, le CPE et Clearstream. Le soufflé des fameux cent jours est retombé. Que reste-t-il à Monsieur Chirac pour sauver ce qui peut encore l'être ? Démissionner lui-même ? Voilà qui paraît invraisemblable, à l'aune des échecs passés, comme celui du référendum». La République des Pyrénées en vient à comparer le Chef de l'Etat à «certains papiers collants double-face. D'un côté humain, sympathique, bouffeur, buveur et coureur. De l'autre, politicard meurtrier et homme de petites et grandes magouilles. Au crépuscule de sa présidence, il voit resurgir le spectre des affaires qui avaient déjà miné son premier septennat. Mais cette fois, il pourra difficilement s'en défaire en disant qu’«elles font «pschitt».». «Rien ne lui sera épargné», poursuit L'Yonne Républicaine. «Voilà que, de son propre camp, part une nouvelle torpille qui ne devrait pas manquer de provoquer des remous. Une quarantaine de députés UMP ont en effet écrit hier à Jacques Chirac pour lui demander d'abroger un article de la loi Taubira portant reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. Ce qui ne va pas manquer d'être interprété comme une nouvelle provocation par les descendants d'esclaves» !
«Quelle semaine !» - s'exclame L'Union. «On a trop barboté dans la pataugeoire de l'affaire. Tellement que les politiques se fixent dans le blanc des yeux et sont plus que jamais sourds et aveugles aux attentes des citoyens. La logique des clans n'est pas celle de la République. Peut-on espérer une pause dans cette symphonie pathétique des plus vilaines vacheries et peaux de bananes que se balancent manipulateurs et manipulés du pouvoir ?». Le Monde s'émeut de l'aplomb primo-ministériel, en donnant une leçon de «déontologie». Villepin s'en est pris «à la presse, qui s'emploie à faire toute la lumière sur cette ténébreuse histoire. La presse se doit de respecter la vérité des faits aussi scrupuleusement que possible. Le Premier ministre est soumis au même devoir (ajoute l'éditorial du quotidien), d'autant plus qu'il engage la parole de l'Etat». «Misère et malaise. la France décline, les Français dépriment. Que faire ? questionne à son tour Le Progrès. «En ce jour anniversaire de Sigmund Freud, la réponse s'impose : il nous faut d'urgence une grande psychanalyse nationale. Tous sur le divan, et que ça cause ! Interprétons nos rêves de grandeur. Liquidons notre oedipe présidentiel. Mettons à la réforme totems et tabous. Vite un divan contre la déprime. Mais aussi un peu de vérité sur les vraies choses. Car nous sommes ainsi, conclut le confrère lyonnais, «faute de pouvoir voir clair, nous voulons, à tout le moins, voir clairement les obscurités» - et c'est Freud qui le dit».par Alain Masson
[06/05/2006]
Les précédentes revues de presseinternationale
[05/11/2009]
[03/11/2009]
[02/11/2009]
[31/10/2009]
[30/10/2009]
Les autres revues de presse