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Football

L’Olympique lyonnais est-il indétrônable ?

Les joueurs de l’Olympique lyonnais fêtent leur cinquième titres de champion de France, le 13 mai 2006 au stade Gerland.  

		(Photo : AFP)
Les joueurs de l’Olympique lyonnais fêtent leur cinquième titres de champion de France, le 13 mai 2006 au stade Gerland.
(Photo : AFP)
Depuis le début du championnat de France de Ligue 1, Lyon accumule les bons résultats. A domicile comme à l'extérieur. Mais voilà que cette année, l’Olympique de Marseille semble vouloir lui tenir tête. Feu de paille ou véritable concurrence ?

Après l'équipe de Reims de la grande époque (7 titres de champion entre 1941 et 1962 et 2 finales de Coupe d'Europe), après Les Verts de Saint- Étienne (10 titres de champions entre 1957 et 1981, plus une finale de la Coupe d'Europe des clubs champions en 1975) et l'Olympique de Marseille de Bernard Tapie (8 titres de champion de France, 3 finales européennes, 1 titre de champions d'Europe), c'est au tour de Lyon d'imposer durablement sa loi dans le championnat de France de première division. En 2000, Lyon terminait 3e du championnat et 2e en 2001. Depuis 2002, c'est le règne sans partage d'une équipe qui s'améliore d'année en année en restant au sommet comme le montre son palmarès en championnat :

Saison 2000 – 2001 : vice champion de France

Saison 2001 – 2002 : champion de France

Saison 2002 – 2003 : champion de France

Saison 2003 – 2004 : champion de France

Saison 2004 – 2005 : champion de France

Saison 2005 – 2006 : champion de France

Lyon a su, au fil des années, constituer un vrai groupe et sa force réside dans sa permanente cohésion. Il y a là un bloc qui ne bouge pas au gré des transferts, comme par exemple à Monaco qui a presqu’entièrement renouvelé son équipe cette saison. Un joueur est-il parti de Lyon que deux arrivent pour le remplacer. Kim Kallström et Jérémy Toulalan, au milieu, ont fait oublier Mahamadou Diarra. De plus, Lyon lâche rarement ou difficilement ses joueurs-clés. Beaucoup de joueurs y sont passés sans jamais plonger le club dans la recherche d’une nouvelle stabilité. Sonny Anderson, Eric Deflandre, Christophe Delmotte, Franck Gava, Pierre Laigle, Péguy Luyindula, Edmilson, Michael Essien, et Mahamadou Diarra, entre autres, ont quitté Lyon sans jamais déstabiliser l’ensemble. A Lyon, d’une saison à l’autre, on retrouve quasiment les mêmes joueurs, la même ossature, la même homogénéité dans le jeu et le même esprit conquérant.

De véritables guerriers

Dans un club porté par l’esprit de conquête et le don de soi, chaque joueur est un combattant, un gagneur. Le cas le plus probant est celui du jeune Jérémy Toulalan, ancien meneur de jeu du FC Nantes, arrivé à Lyon cette saison. On a laissé entendre (timidement au début) qu’il était arrivé pour remplacer Diarra. Puis on a réalisé que le milieu malien étant un monstre physique, la jeune recrue lyonnaise ne pouvait être celui que Lyon attendait, même si par ailleurs, il avait d’autres qualités à faire valoir. Mais voilà que Toulalan s’est mis à courir inlassablement, à tacler sèchement, à tirer de loin, bref, à se dépenser physiquement comme il ne le faisait pas à Nantes où il se contentait d’orienter intelligemment le jeu. Il est indéniable que Lyon transforme les footballeurs de son effectif en véritables guerriers qui montent sur le terrain en étant sûrs d’eux et déjà vainqueurs dans leur tête. Il faut les voir jouer pour comprendre que, même menés, ils ne paniquent jamais. Le plus souvent, c’est dans le camp adverse que s’installe l’inquiétude, chaque mouvement offensif, chaque coup de pied arrêté pouvant faire mouche.

Lyon, maître en France, élève en Europe ?

Les adversaires de Lyon rêvent de le détrôner pour remporter le titre de champion de France. Lyon qui a déjà imposé son hégémonie en France, ne rêve que de conquérir l’Europe. Les ambitions ne sont donc pas les mêmes. Alors, ce club qui truste les titres depuis une demi-douzaine d’années est-il invincible en France ? Marseille pourra-t-il rivaliser sur la distance avec Lyon ? Beaucoup pensent que non à cause de la qualité du banc lyonnais. Quand on sait que le club rhodanien au grand complet (Juninho, Fred, Govou, Malouda, Kallström, Cris etc.) laisse sur le banc des joueurs comme Hatem ben Arfa, John Carew, François Clerc, Alou Diarra, Sylvain Wiltord et autres, on peut parler de la richesse d’un effectif qui – aux dires de certains – n’est taillé que pour le championnat de France. La force de Lyon, prépondérante en France, ne le serait donc pas au niveau de l’Europe où les remplaçants des équipes comme Barcelone, Manchester United, Milan ou Arsenal (internationaux aguerris et titulaires en puissance) sont souvent plus nombreux pour un turn over sans souci ?

Marseille, mieux  que Bordeaux et Lille

La politique brésilienne de l’Olympique lyonnais est évidente depuis plusieurs années. Avec quelques valeurs locales, ce sont les joueurs brésiliens (Cacapa, Cris, Fred, Juninho) qui font la force de l’équipe lyonnaise. Mais, comme le font remarquer certains observateurs, ces Brésiliens-là ne sont pas des titulaires au sein de la sélection du Brésil. Ne seraient-ils que des internationaux de seconde zone ? C’est difficile à croire au vu de leurs prestations avec Lyon, champion inamovible en France, mais qui bute encore aux portes de l’Europe.

A la veille de la 7e journée du championnat de Ligue 1, Lyon occupe sa place habituelle en tête de classement, mais en compagnie cette fois de l’Olympique de Marseille que personne n’attendait à pareille fête. On parlait de Bordeaux (particulièrement renforcé) et de Lille (qui a conservé sa redoutable équipe de la saison dernière) pour perturber quelque peu la domination lyonnaise. On parlait aussi de Monaco qui ne pouvait que se ressaisir après une saison 2005/2006 calamiteuse et c’est Marseille qui surgit, plus surprenant et plus déterminé que jamais, poussé par des supporters d’autant plus enflammés qu’ils sont sevrés de grandes victoires depuis 1992.

Ribery, un atout pour Marseille

En battant Paris et Bordeaux et en attendant Lyon de pied ferme, Marseille prouve qu’il est en voie de résurrection. Sur la canebière l’optimisme retrouvé des supporters relance la rivalité entre les deux grands clubs et dans les médias, les commentaires vont bon train pour défendre le renouveau marseillais ou la force tranquille de Lyon. En gros, les arguments avancés par les supporters lyonnais donnent : «Lyon, c’est du solide. C’est une tour imprenable. C’est un bloc soudé préparé pour aller loin, jusqu’au titre. Marseille s’enflamme, mais Marseille est une pile saline qui va bientôt s’essouffler. Vous avez vu notre banc de touche ?».

Les propos des inconditionnels du club phocéen épousent bien le profil actuel de leur équipe : «L’OM est revenu. Les gars se donnent et ça se voit. Ceux qui jouent à l’OM savent qu’ils ont signé dans un grand club au  palmarès inégalé. Il nous fallait juste le match de référence et les gars l’ont joué à Paris. Marseille n’a sûrement pas les meilleurs joueurs de la planète, mais ils ont la rage maintenant. Ils mouillent le maillot et n’oubliez pas que nous avons Ribery».

En effet, le prodige marseillais qui est aujourd’hui considéré comme le meilleur joueur français du moment est capable à lui seul de faire basculer le sort d’un match. On comprend donc les raisons pour lesquelles, Jean-Michel Aulas, le président de Lyon avait remué ciel et terre pour lui faire porter le maillot blanc de son club.  Aujourd’hui, la star est en face et le match Marseille–Lyon du 21 octobre 2006 sera capital pour situer la vraie valeur de Marseille lors de cette 10e journée du championnat. Ça tombe bien. Le torchon brûle déjà entre les dirigeants des deux clubs.

Non à la routine du gagnant connu d’avance

Ce qui est frappant aujourd’hui chez les dirigeants marseillais, c’est la prudence de leurs déclarations. Ni tapage, ni triomphalisme, mais une retenue certaine qui fait place au travail d’une équipe transformée qui joue avec ses moyens, mais pour la gagne. De l’avis général, Marseille est en  surrégime et ne saurait longtemps contrecarrer les desseins lyonnais. Pourtant, certains facteurs pourraient jouer en faveur des Marseillais dans la mesure où le champion de France, partout attendu de pied ferme devra, chaque semaine, jouer des matches de coupe qui usent les organismes. Sans compter les suspensions et les blessures.

Si tout le monde peut marquer à Lyon, c’est bien parce qu’il y a un surplus d’efficacité offensive dans ce club. La preuve, c’est que le John Carew des premières semaines de la saison dernière s’est subitement éteint et Sidney Govou ne flambe pas toutes les semaines. Le Brésilien Fred commence à planter quelques buts, mais il est loin d’avoir remplacé le redoutable Sonny Anderson qui marquait dans toutes les positions. Nul ne peut dire en début de championnat si la saison 2006/2007 sera la copie conforme de la précédente. En tous les cas, tous les amoureux du football rêvent d’un championnat équilibré et marqué par le suspense.



par Dave  Wilson

Article publié le 22/09/2006 Dernière mise à jour le 22/09/2006 à 12:56 TU