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France

Le chômage baisse

Jacques Chirac s'est félicité de «<em>la bonne direction</em>» des chiffres annoncés lundi par le ministère de l’Emploi. 

		(Photo : AFP)
Jacques Chirac s'est félicité de «la bonne direction» des chiffres annoncés lundi par le ministère de l’Emploi.
(Photo : AFP)

A 8,8 % de la population active en octobre, le taux de chômage est au plus bas depuis cinq ans. Après une pause en août, le baromètre de l’emploi remonte. 30 400 chômeurs sont sortis des listes de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) en septembre, 250 500 en un an et quelque 344 700 en vingt mois. Fin septembre, 2 129 300 chômeurs restaient toutefois immédiatement disponibles pour un Contrat à durée indéterminée (CDI) à temps plein. A quelques mois de l’élection présidentielle, Jacques Chirac se félicite de «la bonne direction» des chiffres annoncés lundi par le ministère de l’Emploi. Reste à savoir si cette baisse du chômage va durablement correspondre à des créations effectives d’emploi.


En un an, le chômage a baissé de 10,7%, un niveau jamais enregistré depuis le second semestre 2001, sous le gouvernement de Lionel Jospin. En dehors de la pause marquée en août dernier, où 200 personnes seulement ont retrouvé un emploi, cette tendance se poursuit depuis février 2005. Elle a tout particulièrement bénéficié aux chômeurs de longue durée mais nettement moins aux jeunes. En septembre, 3,9% des chômeurs enregistrés depuis deux à trois ans sont sortis des listes de l’ANPE. Mais ils sont seulement 0,4% parmi les demandeurs d'emploi de moins de 25 ans. Sur un an, les jeunes chômeurs sont 11,5% de moins, même si 21,6% des moins de 25 ans restent sans emploi, contre 7,9% pour les actifs âgés de 25 à 49 ans et 6% pour les plus de 50 ans.

Parmi les principales raisons administratives expliquant la baisse du nombre de chômeurs, les radiations représentent officiellement 8,4 % des sorties de l’ANPE. Quant aux créations d’emplois, elles restent encore à mesurer précisément. Certains économistes assurent toutefois que, si au premier semestre 2006 le traitement social du chômage (autrement dit les emplois aidés) a eu une forte incidence sur la réduction du nombre de chômeurs, celle-ci serait désormais à porter au crédit d’une dynamique d’embauche du secteur privé.

Nicolas Bouzou

Economiste

«Le taux de chômage peut baisser jusqu'à 8,5% de la population active.»

Nicolas Bouzou

Economiste

«A la fin de l'année 2006, l'économie française aura créé 270 000 emplois dont 170 000 dans le secteur privé hors agriculture.»

Du côté des syndicats, la CGT ou Force ouvrière, par exemple, ne sont pas convaincues, expliquant cette embellie des chiffres par «des dispositifs de traitement social du chômage, des radiations plus importantes, une population active qui augmente moins vite» plutôt que par des créations d’emplois durables. C’est aussi largement l’avis de l’opposition politique.

En revanche, le parti de la majorité présidentielle, l’UMP, salue «le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo», le ministre de l’Emploi qui s’était fixé une baisse de trois points du chômage en cinq ans et qui promet désormais de «faire mieux et plus vite». Une promesse que, du côté du patronat, la présidente du Medef, Laurence Parisot, reprend en écho, prophétisant même des taux de chômage réduits à 7, voire 5%. Encore faut-il, selon elle, envisager d’autres réformes, en particulier «la réforme du marché du travail».

Laurence Parisot

Présidente du Medef

«On peut se rapprocher du taux de 5 ou 6 % mais pour cela il faut revoir le code du travail.»



Article publié le 31/10/2006 Dernière mise à jour le 31/10/2006 à 17:26 TU