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La presse française à la recherche d’un second souffle

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Plans sociaux, réduction de coûts, cessation de titres, la presse française est malade. La crise économique touche beaucoup de titres comme l’Humanité, France Soir, le Figaro, Libération ou même Le Monde. Sans les aides publiques, plusieurs de ces titres auraient déjà disparu. Les professionnels s’alarment, rarement l’équilibre financier des entreprises de presse, a été aussi massivement menacé. Près de 1 000 éditeurs français et européens sont venus en force au 15e congrès de la Fédération nationale de la presse, qui s’est tenu du 22 au 24 novembre à Strasbourg, pour exprimer leurs préoccupations.
Pour Henri Pigeat, le président du Centre de formation des journalistes (CFJ), ce n’est pas une crise de la demande mais une crise de l’offre : «les attentes du public ont changé et nous devons nous adapter », explique-t-il. Denis Muzet, directeur de Médiascopie et spécialiste de la presse en France partage la même analyse : «dans un monde de plus en plus instable, les médias servent moins à comprendre qu'à être alertés des dangers. Or, les médias d'information en continu répondent mieux à cette recherche de faits que la presse écrite ».
La voie du bimédia
La situation est urgente. D’autant que les souhaits des Français tranchent avec les interrogations d’un secteur en pleine remise en cause. Si l’on en croit un sondage Ipsos Médias réalisé à la demande de l'organisation professionnelle, pour 53% des personnes interrogées, toute l'information dont ils auront besoin demain sera facilement accessible gratuitement, que ce soit en presse ou sur Internet, et cela sera suffisant. Seuls 47% jugent que l'information gratuite ne leur suffira pas et qu'il leur faudra s'appuyer sur les journaux et les sites payants.
L’heure est donc à la mobilisation face à la double concurrence d’internet et des journaux gratuits. La courbe des recettes publicitaires, une des principales ressources financières des journaux, s’est cassé à partir du développement d’internet en 1998-1999. Parallèlement, les ventes en kiosque n’ont cessé de diminuer : elles devraient reculer de 4% en 2006, après avoir déjà accusé une baisse de 4% en 2005. Résultat, le chiffre d’affaires du secteur a stagné en 2005 à 10,59 milliards d’euros.
Face à ces difficultés, les professionnels réunis à Strasbourg n’ont pas trouvé de solution miracle, mais seulement esquissé des ébauches de réponse. Notamment du côté d’internet. Les journaux anglo-saxons ont été les premiers à tenter l’aventure. Parmi eux, le Wall Street Journal, le Guardian mais également le New York Times ou bien encore le Financial Times ont déjà fusionné leurs rédactions Web et papier. Les quotidiens français sont désormais engagés dans la même voie du bimédia que leurs homologues anglo-saxons. Dernier en date à revoir sa copie, La Tribune. Le quotidien économique offre désormais à ses lecteurs une information en temps réel. Le site latribune.fr reprend et actualise les informations parues le matin même dans le journal.
Mais selon le directeur général des Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP) qui distribuent la grande majorité des journaux en France, l’émergence des nouveaux médias n’explique pas seule la crise de la presse en France, d’autres facteurs participent à la chute des ventes. Et Rémy Pflimlin de faire remarquer que «la baisse de la diffusion est due également à une question d'accessibilité. Le nombre de marchands de journaux en France est beaucoup plus faible que dans ses voisins européens». En effet, on n’y compte qu’un point de vente pour 2 000 habitants, alors qu’il y en 1 pour 1 000 en Grande-Bretagne et 1 pour 800 en Allemagne.
Les principales causes de ces fermetures tiennent dans la faiblesse de la rémunération des marchands de journaux, qui touchent 13 à 15% du prix de chaque numéro vendu et la gestion des invendus. La loi Bichet de 1947 impose, en effet, l’égalité d’accès et l’impartialité de traitement entre tous les titres de presse. Les vendeurs de journaux qui n’ont pas le droit de refuser la marchandise, se plaignent de devoir gérer souvent quelque 2 000 références, avec de nombreux invendus, pouvant atteindre 60 à 80% de leur stock. Pour pallier le problème, les professionnels proposent de développer des points de vente de proximité qui proposeraient seulement un petit nombre de titres.
par Myriam Berber
Article publié le 25/11/2006 Dernière mise à jour le 25/11/2006 à 12:18 TU






