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France

Nicolas Sarkozy en Corse

Nicolas Sarkozy était ce vendredi à Sainte-Lucie de Tallano, en Corse, quelques jours après une série d'attentats. 

		(Photo : AFP)
Nicolas Sarkozy était ce vendredi à Sainte-Lucie de Tallano, en Corse, quelques jours après une série d'attentats.
(Photo : AFP)

Nicolas Sarkozy a annoncé, ce vendredi à Ajaccio, avoir obtenu du gouvernement l’octroi de «1,02 milliard d’euros» pour un programme d’investissement (PEI) sur sept ans pour la Corse. Candidat à la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy effectue sa dernière visite en Corse en tant que ministre de l’Intérieur dans un contexte particulièrement tendu, après la série d’attentats qui a secoué l’île cette semaine. Les élus de gauche ont qualifié cette visite d’électoraliste et l’ont boycottée.


«J'ai obtenu il y a 15 jours du Premier ministre qu'un mandat de négociation soit donné au préfet de Corse pour une nouvelle convention cadre de sept années, pour un montant de travaux qui va s'élever à 1,02 milliard d'euros», a déclaré le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, lors de sa dix-huitième visite en Corse. Ces fonds seront débloqués dans le cadre du programme exceptionnel d’investissement (PEI). Mis en place en 2002, le PEI a pour objectif, dans une période de quinze ans, jusqu’en 2017, d’instaurer une dynamique de développement économique pour permettre à l’île de rattraper son retard en matière de biens et services collectifs, notamment dans le domaine des infrastructures et des équipements publics.

Le ministre-candidat a fait cette annonce lors d'une rencontre avec des élus et des acteurs socio-professionnels, boycottée par des élus de gauche, dont le député-maire de Bastia, Emile Zuccarelli. Dans un communiqué, ceux-ci avaient dénoncé «un excessif mélange des genres entre les fonctions gouvernementales et la campagne d’un candidat à l’élection présidentielle». Nicolas Sarkozy s’est défendu d’effectuer une visite électorale, soulignant être là en sa qualité de ministre de l’Aménagement du territoire et «faire son travail jusqu’au bout, parce que la Corse ne peut pas attendre que les élections passent».

Nicolas Sarkozy a lancé un appel aux jeunes Corses, les invitant à construire la «Corse de demain» et se détourner des «poseurs de bombes cagoulés», évoquant pour exemple la mort d’Ange-Marie Tiberi, «un monsieur de 54 ans qui avait une situation, une famille, qui saute parce que sa bombe lui saute dans les bras. On ne peut le souhaiter pour personne, c'est un gâchis fantastique».

Soupçonné d’avoir voulu poser une bombe, Ange-Marie Tiberi a été tué par une charge explosive, mercredi soir, dans la partie orientale de l’île. Militant de longue date, il était membre du bureau de Corsica Nazione Indipendente, mouvement indépendantiste majoritaire chez les indépendantistes, partisan de la poursuite de la lutte armée. En une année, quatre indépendantistes ont ainsi été tués par les explosifs qu’ils transportaient lors de la préparation d’attentats. Un record dans l’histoire du mouvement séparatiste corse.

Le malaise persiste

Dans la nuit de mercredi à jeudi, à la veille de l’arrivée de Nicolas Sarkozy, pas moins de cinq attentats ont été perpétrés, contre le Trésor public et des agences bancaires de l’île. Est-ce un message envoyé au «candidat» Sarkozy de la part de nationalistes qui se sentent exclus de la campagne électorale ? Force est de constater qu'ils cherchent à se faire entendre et peser sur la présidentielle de 2007. En effet, ces derniers mois, dans les communiqués de revendication des attentats, deux mouvements nationalistes, le FLNC-UC (Union des combattants) et le FLNC dit «du 22 octobre», ont exigé la prise en compte de la «question nationale corse» par les candidats à la présidentielle, menaçant de radicaliser la lutte armée.

Depuis le «non» corse au référendum sur la réforme des institutions en 2003, proposé par l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, le malaise persiste. En 2006, les attentats ont été moins spectaculaires, mais néanmoins plus nombreux, surtout contre des biens privés, particulièrement des résidences. Ainsi, les attentats ou tentatives d’attentats recensés en 2006 s’élèvent à quelque 230, contre 168 en 2005.

Nicolas Sarkozy considère, cependant, que «le mouvement nationaliste est aujourd’hui très affaibli», se félicitant d’une hausse des interpellations de poseurs de bombes, passées de «151 en 2005 à 181 en 2006». Il a notamment souligné que la réponse aux problèmes de la Corse ne peut pas être «uniquement sécuritaire», mais aussi «le développement». «Les jeunes Corses veulent travailler en Corse, on va leur donner du travail», a-t-il notamment promis.

par Elisa  Drago

Article publié le 05/01/2007 Dernière mise à jour le 05/01/2007 à 19:26 TU