Démographie
France : plus de bébés en 2006

(Photo : AFP)
«Ah Famille nombreuse… Famille heureuse quand on est frère et sœur…» C’est le refrain d’une chanson célèbre. C’est également le credo des Français. Le taux de fécondité a atteint deux enfants par femme en 2006 en France, un niveau inégalé depuis 30 ans. La population française est estimée à 63,4 millions d’habitants au 1er janvier 2007, soit 830 900 de naissances de plus en 2006. «La France est très probablement devenue le pays le plus fécond d’Europe en 2006, avec deux enfants par femme, la moyenne de l’UE restant très basse, de 1,52 enfant par femme en 2005», a commenté Jean-Michel Charpin, le directeur général de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) lors de la présentation du dernier bilan démographique. Le seuil du remplacement des générations, qui est de 2,07 enfant par femme, est quasiment atteint.
Depuis l’année 1993 où l’indice de fécondité avait atteint son niveau le plus bas (1,66 ), la France a remonté la pente progressivement pour atteindre 1,94 en 2005. La tendance à avoir ses enfants toujours plus tard se poursuit. Comme les femmes commencent à travailler plus tard qu’autrefois, le nombre de naissances n’a augmenté que pour les mères de 30 ans ou plus, une tendance constatée aussi ailleurs en Europe. La population française croît, mais elle continue cependant de vieillir. L’espérance de vie est également en hausse : elle franchit le seuil des 77 ans pour les hommes (76,7 ans en 2005) et atteint 84 ans (83,8 en 2005) chez les femmes. Les Français vivent en moyenne presqu’un an de plus que leurs voisins, souligne l’Insee.
Une moyenne européenne d’1,5 enfant par femme
Plusieurs raisons expliquent cette vitalité démographique. Dans cette dynamique, les mères étrangères entrent pour 0,1. La fécondité des femmes immigrées est légèrement supérieure à celles des femmes françaises. Sans cette contribution, l’indice de fécondité serait non pas de deux enfants par femme mais de 1,90. Les enfants nés de mères étrangères représentent 12% de l’ensemble des naissances.
Le développement d’une politique familiale permettant de concilier carrière et vie privée (allocations parentales, congé maternité, déductions fiscales pour frais de garde) contribue également à cette croissance. «Les Françaises ont aussi pour particularité un taux d’activité au-dessus de la moyenne européenne, avec 81% des femmes de 25 à 49 ans actives en 2005, contre moins de 60% en 1975», souligne l’Insee. Dernier facteur et non des moindres : la mise en place d’institutions favorables à la venue au monde de l’enfant. La généralisation de nombreuses crèches et de services à la personne (gardes d’enfant, soutien scolaire) permettent davantage aux Françaises d’être mères tout en continuant à travailler.
La France se distingue de ses voisins, bien que la tendance de l’Union soit à la hausse. Ailleurs en Europe, la moyenne se situe à environ 1,5 enfant par femme. Seule la fécondité dans les pays du Nord (Suède, Norvège, Danemark, Finlande et Royaume-Uni) n’a jamais vraiment baissé avec un indice qui reste supérieur à 1,7 enfant par femme. En Irlande, le taux atteint 1,9 depuis 2000. Dans tous ces pays, la protection sociale est largement favorable aux jeunes parents. A l’inverse, dans les pays méditerranéens comme en Espagne, en Grèce, au Portugal et en Italie, la situation est plus préoccupante, la formation d’une famille passe d’abord par un logement et un emploi stable. L’Allemagne souffre, elle aussi, d’une baisse de sa démographie. Pour y remédier, la chancelière Angela Merkel a notamment mis en place des mesures favorables à la natalité via des aides financières accordées aux familles nombreuses et un salaire parental.
par Myriam Berber
Article publié le 16/01/2007 Dernière mise à jour le 16/01/2007 à 17:00 TU






