Union africaine
Le Ghana choisi pour présider l'UA

(Photo : AFP)
L’annonce a été faite après une réunion à huis clos des chefs d’Etat et de gouvernement participant au sommet de l’Union africaine qui s’est ouvert ce lundi à Addis-Abeba : le Ghana assurera la présidence de l’Union africaine en 2007. Confronté à une forte opposition, le Soudan a renoncé à sa candidature, évitant une paralysie du sommet. Dès son ouverture, le Soudan s’était trouvé en position d’accusé. Dans son discours, Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine, a réclamé l’arrêt des «bombardements» dans la province soudanaise du Darfour.
La question de la présidence menaçait de paralyser le huitième sommet de l’Union africaine (UA) qui s’est ouvert ce lundi à Addis Abeba. Le Soudan a évité une crise, en se désistant en faveur du Ghana, précisant que le Ghana avait été choisi «pour maintenir l'unité du continent».
«Les chefs d'Etat et de gouvernement ont rappelé qu'au prochain tour, la présidence reviendra à l'Afrique de l'Est» a déclaré la directrice de la communication de l'UA, Habiba Mejri. Selon des sources diplomatiques, pour éviter que la question ne monopolise les débats du prochain sommet, l’Afrique de l'Est devra décider en interne quel pays présidera l'UA en 2008.
Selon le principe de rotation régionale, le Soudan pouvait prétendre à assurer la présidence de l’organisation. En 2006, après maintes tractations diplomatiques, la présidence de l’organisation avait été confiée au Congo, mais les chefs d’Etat s’étaient engagés à la confier au Soudan en 2007, si la situation s’améliorait au Darfour. Mais, comme en 2006, la candidature de Khartoum a suscité l’opposition de plusieurs Etats africains et d’organisations non-gouvernementales qui dénoncent une dégradation de la situation au Darfour, province de l’ouest du Soudan, en proie à une guerre civile depuis 2003 qui a fait plus de 200 000 morts et quelques deux millions de déplacés. Samedi dernier, le Tchad, qui accuse le Soudan de soutenir des groupes armés hostiles au président Idriss Deby Itno, avait menacé de suspendre sa participation à l’UA.
Dans son discours à l’ouverture du sommet, le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré a lancé un «appel à nos frères soudanais, gouvernements et rebelles, pour que la paix revienne au Darfour, pour qu’ils arrêtent les attaques et les bombardements», tout en ajoutant que «la paix au Soudan, c’est la paix au Tchad et en République centrafricaine». Pour sa part, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, dans son premier discours devant l’Union africaine, a appelé au «déploiement urgent d’une force Onu-UA» au Darfour.
Fin décembre, le Soudan avait accepté que l’Onu apporte une aide technique et matérielle à la Mission de paix de l’Union africaine au Darfour, mais le président Omar el-Béchir refuse toujours le déploiement de casques bleus, malgré de fortes pressions internationales. Ban Ki-moon a cherché à l’en convaincre.
En marge du sommet, le secrétaire général de l’Onu s’est entretenu avec le président soudanais. Omar el-Béchir s’est engagé à accepter que des envoyés de l’Onu et de l’UA se rendent au Darfour et à Khartoum dans les prochaines semaines. Il a aussi invité le secrétaire général de l’Onu à se rendre au Soudan, à une date non précisée.
Appel à une «mobilisation de troupes africaines» pour la Somalie
La Somalie est l’autre dossier brûlant de ce sommet. Dans son discours d’ouverture, le président de la Commission de l’UA s’est «réjoui que les troupes éthiopiennes aient commencé à partir de Somalie», mais il a lancé une mise en garde : «Si les troupes africaines ne sont pas mises en place rapidement, ce sera le chaos».
Alpha Oumar Konaré a appelé à une «mobilisation des troupes africaines». Le 19 janvier dernier, l’UA a décidé l’envoi d’une force de paix africaine en Somalie de 7650 soldats (Amisom). Pour le moment, seuls 4000 militaires sont prêts à être déployés, selon le président de la Commission de l’UA, qui souligne que seuls le Nigeria, l’Ouganda, le Malawi et le Ghana ont, jusque-là, accepté d’envoyer des soldats en Somalie.
Il reste à trouver les troupes mais aussi les moyens financiers nécessaires. En effet, les promesses de dons pour l’Amisom se font attendre. Les Etats-Unis ont promis 14 millions de dollars et ont proposé de «transporter par avion» les troupes de la force de paix africaine en Somalie. Pour sa part, l’Union européenne a promis 15 millions de dollars sous condition d’une réconciliation nationale. Or, les nouvelles autorités somaliennes qui ont pris de pouvoir à Mogadiscio avec l’aide des troupes éthiopiennes n’envisagent pas de dialoguer avec les islamistes.
Ce lundi, à Addis-Abeba, le secrétaire général de l’Onu a appelé la communauté internationale à agir en faveur de la réconciliation. Pour sa part, l’Italie, ancienne puissance coloniale de la Somalie, s’est dit prête à accueillir une conférence sur la paix dans ce pays, en guerre civile depuis 1991.
par Elisa Drago
Article publié le 29/01/2007 Dernière mise à jour le 29/01/2007 à 15:45 TU




