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Chronique des matières premières

Le changement climatique s’impose aux producteurs d’hydrocarbures

Dominique Baillard 

		(Photo : RFI)
Dominique Baillard
(Photo : RFI)

Ca chauffe aussi pour les industries extractives : le risque climat commence à peser lourd pour les compagnies tenues pour responsables des émissions de carbone. Une étude réalisée à l’automne par la Citibank en Australie dénombrait trois sociétés minières dans le palmarès des six les plus exposées. Ces compagnies qui sont les plus grandes émettrices d’oxyde de carbone, ce qui fait monter le thermomètre de la planète, verraient leur rentabilité sérieusement érodée par les droits de polluer. L’auteur remarque toutefois que les groupes concernés comme Rio Tinto ou BHP Billiton, deux grands producteurs de charbon, ont déjà mis en place des stratégies pour réduire leurs émissions.

Mais ce qui devient banal dans les pays développés est encore en gestation dans les pays émergents. Tous les efforts menés par les pays membres de l’OCDE pour éliminer les émanations de carbone sont réduits à néant par la hausse des émissions de la Chine et de l’Inde. Les experts de l’Agence internationale de l’énergie ne manquent pas une occasion de mettre le doigt sur le risque climat, paramètre aujourd’hui incontournable de la question énergétique. Selon Fatih Birol, économiste de l’agence, en 2006 les gouvernements ont pris conscience de ces enjeux, ce qui constitue pour lui un «espoir», car certains chiffres sont alarmants. La demande de charbon a par exemple augmenté aussi vite au cours des trois dernières années que lors des vingt dernières années. Une vigueur alimentée par la Chine où 90% des centrales électriques fonctionnent au charbon mais aussi par la flambée du gaz qui a entraîné une substitution avec le charbon en Amérique du Nord.

On arrive aujourd’hui à un moment crucial dans le choix et l’application de normes respectées par tous pour les équipements de demain, avec d’un côté ces deux puissances en train de construire leur parc électrique pour les cinquante prochaines années et de l’autre l’Europe qui doit renouveler le sien, il faut décider au plus vite et au mieux car, fait remarquer Fatih Birol, «il sera difficile de demander dans cinq ou dix ans à la Chine de fermer ces centrales flambant neuves pour en construire de nouvelles adaptées aux exigences environnementales».

Pour sortir de la double injonction de la question énergétique : augmenter l’offre tout en préservant la planète, les pays pétroliers ne sont pas à court d’idées. La Norvège, le troisième exportateur mondial de brut propose d’explorer plus avant le potentiel de l’Arctique qui recèlerait le quart des réserves de pétrole du globe. Cette région pourrait donc devenir l’une des clés des ressources énergétiques du futur, à condition de l’exploiter «proprement». La Norvège envisage une production sans émission de carbone, en réinjectant les gaz dans les profondeurs des gisements, une technologie qui pourrait contribuer à une réduction drastique des émissions.


par Dominique  Baillard

[30/01/2007]

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