Musique
Jean Nouvel réalisera la Philharmonie
La nouvelle était connue depuis le 5 avril, mais elle n’a été officialisée que ce jeudi matin. Les Ateliers Jean Nouvel ont été choisis pour réaliser l’auditorium symphonique de Paris, d’ici 2012. L’architecte français remporte un concours lancé en novembre dernier par l’association Philharmonie de Paris, dirigée par Laurent Bayle. 98 projets avaient été présentés en décembre, six seulement ont été retenues en janvier. Il s’agissait des cabinets d’architectes Coop Himmeblau, Zaha Hadid, MVRDV, Christian de Portzamparc, Francis Soler et donc Jean Nouvel. Un Jean Nouvel qui s’est déclaré « évidemment comblé » d’avoir été choisi pour réaliser ce bâtiment.
© Ateliers Jean Nouvel
La Philharmonie de Paris prendra place dans le nord de Paris, en plein cœur du parc de la Villette. Située à quelques encablures de la Cité de la musique, elle s’étalera sur plus de 19 000 m2. Avec une architecture originale : une forme de colline, avec une superposition de plans gris pour s’inscrire parfaitement dans l’ensemble architectural du Parc de la Villette. «Il fallait que le lieu soit en harmonie avec le lieu qui l’accueille», a expliqué Jean Nouvel, «c’est la raison pour laquelle j’ai imaginé un bâtiment minéral en complément avec le parc végétal». L’ensemble de la toiture de l’édifice sera composé de pavés d’aluminium pour offrir « une harmonie et une continuité des espaces». Une toiture qui sera d’ailleurs accessible au public, qui pourra profiter d’une vue de Paris depuis ce que Jean Nouvel a qualifié dans un sourire de «butte de la Villette».
Si depuis cette butte, les visiteurs pourront profiter d’un panorama sur la capitale, la visibilité de la Philharmonie sera elle-aussi assurée, à travers un signal-enseigne s’élevant à plus de 50 mètres de hauteur : «Une façon de dialoguer avec les villes limitrophes et d’offrir une vision forte sur le bâtiment depuis le périphérique», souligne Laurent Bayle, le président de l’association Philharmonie de Paris.
Proximité du spectateur
Séduits par la proposition architecturale extérieure, les membres du jury ont aussi approuvé la conception de la salle de concert proposée par Jean Nouvel. Une salle qui pourra accueillir jusqu’à 2 400 personnes, et qui sera surtout «modulable» en fonction des spectacles présentés. Car en plus de la musique classique, la Philharmonie se destine aussi à recevoir du jazz, de la chanson et des musiques du monde.
© Ateliers Jean Nouvel
Mais c’est surtout la conception «enveloppante» imaginée par Jean Nouvel qui a retenue l’attention. Un peu à l’image de la Philharmonie de Berlin, les spectateurs seront situés autour de la scène, certains la surplombant même. Par cette conception, la distance entre le chef d’orchestre et les rangs les plus éloignés n’excédera jamais les 35 mètres. Une proximité qui offre un confort visuel et auditif d’une très grande qualité.
Autour de cette grande salle, de nombreux espaces doivent être déclinés, pour faire de ce bâtiment «un lieu ouvert et vivant, même quand il n’y pas de spectacle», comme le souhaite Jean Nouvel. Un espace notamment de répétition, pour les formations résidentes et les orchestres invités. Mais aussi des salles d’expositions, pour permettre d’accueillir des expositions temporaires en relation avec les spectacles proposées par la Philharmonie, et un pôle éducatif à destination des scolaires et de tous les amateurs de musiques.
Ambition internationale
Avec cet ensemble architectural, Paris va se doter d’une salle de concert capable de recevoir les plus grands ensembles symphoniques français et internationaux. Jusqu’à présent, la capitale française ne disposait pas d’un tel auditorium symphonique. La Philharmonie de Paris entend devenir rapidement une référence dans le domaine de l’acoustique, pour pouvoir rivaliser avec des salles comme la Philharmonie de Berlin ou le Walt Disney Concert Hall de Los Angeles.
© Ateliers Jean Nouvel
La construction de la Philharmonie de Paris, à laquelle il convient d’ajouter la réouverture de la salle Pleyel en septembre dernier, illustre, en tout cas, la volonté de Paris de s’affirmer comme une des capitales mondiales de la musique.
par Guillaume Bontoux
Article publié le 12/04/2007 Dernière mise à jour le 12/04/2007 à 19:01 TU

