Chine
Un ex-haut fonctionnaire condamné à mort

(Photo : AFP)
Nommé en 1998 à la tête de l’Administration des médicaments et des produits alimentaires (SFDA), Zheng Xiaoyu a été limogé en juin 2005. Il est accusé d’avoir touché 6,4 millions de yuans (environ 620 000 €) de pots-de-vin. Deux semaines après l’ouverture du procès, le 16 mai, un tribunal de Pékin, a condamné en première instance l’ancien haut fonctionnaire à la peine capitale pour corruption et manquement à son devoir. Cette sentence a valeur d’exemple. Elle vient corroborer le Quotidien du Peuple –l’organe du Parti communiste chinois- qui titre, ce mardi : «Pas de fléchissement dans la campagne anti-corruption dans le secteur économique».
Depuis 2001, la Chine exige une homologation des médicaments à l’échelon national, dans le but de mettre fin aux fraudes et falsifications, alors monnaie courante. L’agence de réglementation des médicaments et des produits alimentaires a notifié que l’une des sociétés mises en cause dans le scandale de corruption, Kongliyuan Group, avait reçu de M. Zheng, grâce à une homologation accélérée, l’attribution de licences pharmaceutiques concernant 227 médicaments particulièrement rémunérateurs, des antibiotiques pour la plupart.
De l’antigel dans le sirop
Le premier scandale sanitaire éclate en 2006. Six personnes décèdent lors d’une perfusion. On détecte du diéthylène-glycol, un liquide incolore et pratiquement inodore. Ce composant entre dans la préparation d’antigel, lubrifiants, liquides de freins, encres et colles. Il sert également d’adoucissant dans la fabrication des textiles. Dans le même temps, on enregistre des décès similaires dans les dix provinces de la République populaire. Par ailleurs, en août dernier, de nombreux malaises cardiaques surviennent après absorption d’un faux Viagra. Les stocks sont détruits sur ordre du Premier ministre Wen Jiabao.
Au même moment, l’affaire prend une ampleur internationale, où, au Panama, haut lieu de la diaspora chinoise, 101 personnes succombent après avoir pris un antitussif contenant des traces de diéthylène-glycol. Le médicament avait été importé de Chine par une entreprise espagnole. La République Dominicaine, le Nicaragua, le Costa Rica et l’Australie sont également touchés.
Suite à l’interdiction des pays occidentaux et des Etats-Unis d’importer un dentifrice chinois, Mr. Cool, également contaminé par du diéthylène-glycol, le gouvernement communiste a décidé de rendre un jugement exemplaire en condamnant, en première instance l’ancien directeur Zheng à la peine capitale. Celui-ci dispose de dix jours pour faire appel de la sentence.
L’ancien secrétaire de M. Zheng, ex-directeur du département chargé d’enregistrer les médicaments, est dans l’attente de son jugement. Il est également accusé d’avoir touché près de 2 millions de yuans.
En novembre dernier, un autre proche de Zheng Xiaoyu, Hao Heping, chef du département des équipements médicaux, a été condamné à quinze ans de prison pour avoir accepté des pots-de-vin de compagnies voulant obtenir des autorisations de mise sur le marché de leurs produits. M. Hao a été reconnu coupable d’avoir accepté un million de yuans de dessous de table. Il est également accusé de détention d’armes, de fusils à air comprimé, strictement interdits en Chine.
par Françoise Dentinger
Article publié le 29/05/2007 Dernière mise à jour le 29/05/2007 à 18:23 TU



