Chine
Pékin tente d’éteindre la flambée boursière
(Photo : AFP)
Pour l’instant, les analystes financiers estiment que le risque de plongeon généralisé est minime. La Bourse de Shanghai a, tout de même, dégringolé mercredi de 6,5%, mettant fin à une série de records consécutifs. C'est la deuxième fois depuis le début de l'année 2007 que la principale Bourse chinoise accuse une baisse aussi brutale. Le 28 février, elle avait perdu près de 9% et provoqué un bref mouvement de panique sur les places boursières mondiales. L’Asie, l’Europe et les Etats-Unis avaient été touchés, l’indice Dow Jones de New York reculant de 3,29%, la plus lourde baisse depuis les attentats du 11 septembre 2001.
Mercredi, l'impact sur les marchés mondiaux était nettement moindre. A Tokyo, l’indice Nikkei n’a perdu que 0,48%. Quant aux places européennes, elles affichaient des reculs inférieurs à 1% en fin de matinée. La Bourse de Paris affichait – 0,99% en clôture. A New York, le Dow Jones perdait 0,41% tandis que l'indice Nasdaq cédait 0,70%.
L’engouement croissant des Chinois pour la Bourse
La chute enregistrée dans la capitale financière chinoise reste néanmoins sévère. L’élément déclencheur a été l’annonce, dans la nuit, du triplement de l'impôt de Bourse par le ministre chinois des Finances. Afin de juguler la surchauffe spéculative et l’engouement croissant des Chinois pour la Bourse, le droit de timbre sur les transactions boursières est passé de 0,1% à 0,3%. Les autorités de Pékin tentent d’éviter la formation d’une bulle spéculative qui pourrait éclater et provoquer un krach aux effets désastreux.
Joris Zylberman
Correspondant de RFI à Shanghai
«Un tour de vis préférable à une banqueroute des petits porteurs.»
L’impact psychologique sur les investisseurs chinois a été immédiat. De nombreux détenteurs d’actions se sont rués pour vendre leurs titres après les hausses des dernières séances. «Il y a beaucoup d’investisseurs qui ont déjà gagné 80 à 90%, et ils sont bien évidemment décidés à prendre leurs bénéfices», a expliqué à l’AFP, Chen Huiqin, analyste au cabinet financier chinois Huatai securities.
Il faut dire que, ces dernières années, la puissante croissance chinoise a alimenté une nouvelle fièvre, celle de la spéculation boursière. Des millions de particuliers chinois, petits ou gros investisseurs, se sont pris de passion pour la Bourse et les bénéfices rapides qu’elle procure. Récemment, le nombre de courtiers professionnels ou amateurs a franchi, dans ce pays encore officiellement communiste, la barre des 100 millions.
Shanghai est, de loin, la place boursière la plus performante du monde. Elle est la deuxième d’Asie, après Tokyo. L’économie chinoise, véritable chaudière, connaît une activité record. La Banque mondiale vient même, ce mercredi, de revoir à la hausse ses prévisions pour 2007 : le produit intérieur brut (PIB) chinois devrait atteindre 10,4%, contre les 9,6% initialement prévus.
Reste à savoir si la hausse de la taxe boursière aura un effet modérateur durable sur la spirale spéculative. La plupart des experts tablaient, mercredi, sur un impact limité. Certes, le coup de semonce des autorités a été entendu. L’économiste en chef de la Banque mondiale pour la Chine, Bert Hofman, veut croire que les investisseurs pourraient se montrer plus prudents sur le long terme.
Mais plusieurs facteurs laissent penser que la passion boursière pourrait reprendre. Les fortes liquidités générées par la croissance chinoise, les performances du yuan – la monnaie nationale –, la vigueur des profits des entreprises et la faiblesse relative des taux d’intérêt devraient entretenir la flambée.par Philippe Quillerier
Article publié le 30/05/2007 Dernière mise à jour le 30/05/2007 à 13:54 TU



