Article publié le 29/06/2007 Dernière mise à jour le 29/06/2007 à 00:11 TU
De notre correspondante permanente à Washington, Anne Toulouse
Souvent lorsque les personnages officiels avancent des motifs personnels, il s'agit d'une manière polie de cacher autre chose. Cette fois-ci, il ne semble pas que ce soit le cas. Monsieur Rato paraît bien quitter la direction du FMI pour des raisons qui appartiennent à sa vie privée. Il en a fait l'annonce jeudi matin provoquant apparemment la surprise au sein du Conseil d'administration de l'institution.
Rodrigo Rato n'aura pas eu le temps de s'attacher à un poste qui avait été déjà abandonné prématurément en 2004 par l'Allemand Horst Köhler devenu président de l'Allemagne. L'annonce de son départ coïncide avec de façon fascinante avec celle du président de l'institution jumelle, la Banque Mondiale où Paul Wolfowitz quitte ses fonctions ce vendredi, remplacé par Robert Zoellick.
Si la Banque est traditionnellement présidée par un Américain, la direction du FMI est, selon le même usage, dévolue à l'Europe. Le fait que les deux successions se déroulent à un intervalle de quelque mois, devrait faciliter l'application de ce partage des rôles. Il est probable que les pays émergeants feront entendre des protestations. Mais les pays européens auront l'argument que la contestation ne s'est pas exercée avec beaucoup de vigueur lorsque les Etats-Unis ont désigné il y a quelques semaines le président de la Banque Mondiale.