par RFI
Article publié le 05/07/2007 Dernière mise à jour le 05/07/2007 à 08:10 TU
Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons se sont rendus, jeudi après-midi, au domicile de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, à Paris, pour y mener une perquisition. Les deux magistrats du pôle financier de Paris étaient accompagnés d'un membre du parquet et de deux enquêteurs de la police financière.

Visiblement le général Rondot, spécialiste du renseignement, laisse beaucoup de traces derrière lui. Après ses fameuses fiches cartonnées, qui ont révélé des pans entiers de l'affaire Clearstream, voilà que son ordinateur parle lui aussi. Car ces notes informatisées et ses courriers, bien que détruits par le général, ont pu être reconstitués par les experts, et leur contenu est explosif.
Dans ses notes, le général Rondot laisse entendre que Jean-Louis Gergorin, l'ancien vice-président d'EADS, sur instruction de Dominique de Villepin, a remis au printemps 2004 les faux listings Clearstream au juge Renaud Van Ruymbeke.
Dans une seconde note, il va plus loin et précise que, Jean-Louis Gergorin aurait dit à Imad Lahoud, mis en cause dans le dossier, que Dominique de Villepin, lui avait demandé sur ordre de Jacques Chirac d'adresser ces listings à la justice.
La note du général Rondot est ainsi formulée « selon la source mahdi, rencontrée le 28 mai 2004, Jean-Louis Gergorin aurait reçu instruction de Dominique de Villepin, elle même formulée par le président de balancer Nicolas Sarkozy ».
Enfin une troisième note laisse entrevoir la réaction de Dominique de Villepin à l'ensemble de l'opération, qui rappelons le visait à déstabiliser Nicolas Sarkozy, il se serait montré à la fois jubilatoire et soucieux de ne pas apparaître dans le scénario, dit le texte.
Jean-Louis Gergorin est mis en examen pour faux et dénonciation calomnieuse, de même que son ex-employé chez EADS, Imad Lahoud, l'auteur supposé des faux. Tous deux sont convoqués pour un nouvel interrogatoire ces prochains jours.
Le 21 décembre 2006, Dominique de Villepin avait été entendu comme témoin pendant dix-sept heures dans cette affaire. Il avait alors assuré qu'il ne voulait pas nuire à Nicolas Sarkozy en faisant enquêter le général Rondot sur ces listings, mais qu'il ne se souciait que d'enrayer la corruption internationale. Mais ces révélations lui font encourir une éventuelle mise en cause pour « complicité de dénonciation calomnieuse ».
L'ex-président Jacques Chirac, convoqué comme témoin ces derniers jours par les juges d'Huy et Pons, a refusé de venir en invoquant la Constitution. Selon Jacques Chirac un ancien président ne peut être interrogé sur ses actes.