publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
 
Annonce Goooogle
Annonce Goooogle

Niger

L’armée condamne la rébellion touarègue

par  RFI

Article publié le 13/07/2007 Dernière mise à jour le 13/07/2007 à 15:25 TU

Pour la première fois depuis le « réveil » de la rébellion touarègue dans le nord du pays en février, l’armée s’est exprimée, mardi, pour condamner cette rébellion qui, selon les militaires, porte atteinte « à la sécurité intérieure du pays, avec des ramifications extérieures ». Dans un communiqué lu à la télévision publique, les forces armées appellent tous les Nigériens à soutenir moralement les forces engagées sur le terrain et invitent le MNJ (Mouvement des Nigériens pour la Justice) à respecter les conventions internationales dans le traitement de leurs prisonniers. Une quarantaine de soldats gouvernementaux sont toujours gardés par les rebelles, ainsi qu’un civil chinois qui travaillait pour une entreprise de prospection d’uranium, enlevé il y a une semaine. Les autorités nient l’existence d’une rébellion touarègue dans la zone de l’Aïr, située à près de 1 000 kilomètres de la capitale. La population est partagée entre partisans de la manière forte et ceux du dialogue. 

 

(Carte : Thomas Bourdeau/Geo-Atlas)
(Carte : Thomas Bourdeau/Geo-Atlas)

L’intervention directe de l’armée dans le débat a surpris plus d’un Nigérien. A Niamey on s’interroge : « Ce type de communication n’est-il pas du ressort du ministre de la Défense ? ». Alors, cette déclaration très radicale des militaires vise peut-être plusieurs objectifs : le premier, occuper le terrain médiatique qui, jusqu’à maintenant, est plutôt maîtrisé par les rebelles du MNJ. Le deuxième, envoyer un message à la classe politique qui dans son ensemble recommande le dialogue pour gérer cette nouvelle crise.

La prise de position de l’Etat major qui, on l’imagine bien, ne peut s’exprimer sans l’aval du président Tandja, s’apparente donc à une fin de non recevoir. Les autorités politiques à Niamey tiennent toujours le même discours : « Il n’existe pas de rébellion. Les hommes qui ont pris le maquis dans les montagnes de l’Aïr ne sont pas de rebelles, mais des bandits ».

Les partisans du dialogue s’inquiètent. « Plus le temps passe, disent-ils, plus la donne sera compliquée ». Ils craignent que l’insurrection d’un petit groupe ne se renforce et ne se transforme en une rébellion de tous les laissés pour compte. Beaucoup d’observateurs dans la capitale nigérienne affirment que les Touaregs ne sont pas plus mal lotis que les autres communautés du pays. Les engagements pris à l’issue de l’accord de paix de 1995 - notamment ceux de l’intégration des Touaregs dans l’armée, la création d’écoles, de centre de soins dans leurs régions- ont été respectés. Une nouvelle loi sur le code minier va permettre très prochainement de redistribuer à cette région du Nord 15% des recettes, une manne non négligeable. Alors, pour évaluer et comprendre ce que veulent ou ce que cherchent vraiment les hommes de l’Aïr : faut-il discuter ou s’affronter ? La deuxième option est la plus risquée.