par RFI
Article publié le 09/08/2007 Dernière mise à jour le 09/08/2007 à 20:35 TU

La BCE a injecté de l'argent pour éviter une crise de liquidités aux banques.
(Photo : Commission européenne/Médiathèque)
Tout a commencé jeudi matin en France avec la BNP qui a annoncé le gel de 3 de ses fonds d'investissement, et ce, jusqu'à nouvel ordre. En fait, la particularité de ces fonds, c'est leur portefeuille de créances, notamment dans les crédits immobiliers à risques.
Depuis plusieurs semaines, le marché immobilier américain est secoué par une crise. Beaucoup de ménages qui avaient emprunté pour acheter leur logement n'arrivent plus à rembourser leurs dettes et donc, les sociétés qui leur avaient fait crédit doivent mettre la clé sous la porte.
Dans le même temps, ce jeudi, la Bundesbank a convoqué une réunion pour renflouer la banque IKB. Celle-ci est proche de la banqueroute pour les mêmes raisons. Mais ce « gel » (des 3 fonds d’investissement) était logique de la part de la BNP. Comme ces créances « subprimes » ne sont plus du tout échangées, il est totalement impossible de connaître leur valeur. Et donc de les vendre ou de les acheter.
Il n'en fallait pas plus pour inquiéter les marchés financiers déjà secoués par cette crise depuis plusieurs semaines. A la bourse de Paris, toutes les valeurs financières ont largement chuté à la mi-journée.
La BCE intervient pour calmer les tensions
En effet, les banques commerciales de la zone euro ont eu à faire face à une pénurie de liquidités, c'est à dire à un manque d'euros. Les investisseurs ont préféré garder leur argent plutôt que de le mettre sur le marché. Et il existait un risque que les banques n'aient plus les moyens de faire face à leurs obligations, et donc d'octroyer des crédits.
Il fallait que la Banque centrale européenne intervienne. Elle a prêté aux banques européennes 94,8 milliards d'euros.
Un montant record, puisque la dernière fois que la BCE est intervenue, cela remonte au 12 septembre 2001, soit juste après les attentats aux Etats-Unis. A l’époque, la Banque européenne avait injecté près de 70 milliards d'euros, et encore 40 milliards le lendemain. Une procédure rare.
Des jours décisifs
En agissant ainsi, la Banque centrale se voulait rassurante vis à vis des marchés. Son président, Jean-Claude Trichet, avait d'ailleurs déjà tenté de calmer le jeu au début du mois. Il avait alors souligné que la volatilité des marchés témoignait d'abord d'une « normalisation de l'appréciation des risques ». Et il avait appelé les marchés financiers à garder leur sang froid.
De son côté, le président de la Banque centrale slovène est proche de la panique. Il a déclaré mardi que s'il y avait encore des turbulences, la demande des ménages pourrait bien être affectée. Et par conséquent, toute l'économie du pays.
Enfin, de l'autre côté de l'Atlantique, le président américain George Bush ne semble pas inquiet. Pour lui, il y a assez de liquidités pour permettre au marché de s'ajuster. La banque centrale américaine (Fed) a cependant mis à la disposition des marchés financiers, jeudi matin, 24 milliards de dollars. « Une crise du crédit plus grave et plus prolongée pourrait conduire à une baisse des taux, mais la première mission de la Fed est de maintenir la liquidité des marchés », a affirmé un économiste américain.
L’origine de la crise : l’explosion de la bulle immobilière américaine
Acheter une maison dans les années 2000 aux Etat-Unis était chose facile. Même les ménages les plus pauvres pouvaient obtenir un prêt. Prêt à risque c'est à dire à taux variable, indexé sur le cours de base de la réserve fédérale. Mais l'année dernière la Fed a commencé à augmenter ses taux. Les ménages les plus pauvres n'ont pu rembourser les prêts qu'ils avaient contractés. Les organismes de prêts se sont alors remboursés en saisissant les maisons. Mais leur valeur avait dans le même temps chuté. Ces organismes se sont donc retrouvés eux-mêmes endettés. Et cette dette s'est propagée. Plusieurs fonds d'investissement, pour gagner rapidement de l'argent, ont en effet achetés des titres adossés à ces prêts à risque. Toute la pyramide financière s'est alors écroulée. La semaine dernière, plusieurs organismes ont annoncé leur faillite et certains fonds ont dû geler ces titres, interdisant aux investisseurs de récupérer leur argent. L'annonce de BNP Paribas a montré que cette crise ne touchait pas que Wall Street. Faisant craindre un manque de d'argent du côté des institutions financières, d'où l'intervention des banques centrales.