Article publié le 10/08/2007 Dernière mise à jour le 10/08/2007 à 11:46 TU
« Crise » le mot est lâché et s’étale en une des quotidiens économiques.
« BNP Paribas et la BCE attisent la crise des marchés » titre La Tribune. « Crise : les banques centrales volent au secours des marchés », selon Les Echos. Le Figaro se distingue en parlant, lui, de « coup de tabac ».
En une également de ces quotidiens : des photos de traders angoissés qui se prennent la tête entre les mains. Le Fig-éco, dans ses explications, donne la parole à l’un d’entre eux : « C’était de la folie, plus personne ne voulait coter ou offrir des prix, même les grandes banques s’étaient retirées. »
Alors que s’est-il passé ? C’est la fameuse crise des crédits immobiliers à risque aux Etats unis qui s’est propagée. Et c’est « BNP Paribas qui a mis le feu au poudre » selon les termes de La Tribune, en suspendant trois fonds liés à ces crédits.
Les journaux reviennent également longuement sur l’intervention record de la BCE, la Banque centrale européenne : 94 milliards 800 millions d’euros injectés dans le circuit interbancaire, « un montant supérieur à celui décidé au lendemain des attentats du 11 septembre » rappellent Les Echos.
« Entre excès et perte de confiance » selon Henri Gibier dans Les Echos. L’éditorialiste explique que ce n’est pas tant la décision de BNP Paribas de geler ses fonds liés aux crédits à risques qui a provoqué ce qu’il appelle « un brusque ressac », car cela ne concernait qu’ « une infime partie de ses avoirs bancaire ». C’est davantage le moment où cette annonce a été faite. Il y a une semaine, la banque française, « en présentant ses résultats, exceptionnellement bons, avaient souligné que grace à sa prudente gestion, elle était préservée des remous apparus dans les eaux troubles de l’immobilier américain(...) Qu’une maison réputée aussi prudente se dédise a fait paniquer les investisseurs », explique l’éditorialiste des Echos.
Une attitude que condamne en tous cas son confrère de La Tribune. Pascal Aubert écrit qu’il « serait peut être temps de rappeller aux entreprises cotées qu’elles ont des devoirs à l’égard des épargnants », comme le devoir d’information sur les risques à venir. « Pour sortir de cette situation il n’y a qu’une seule et unique issue, dit -il : la franchise ». Même constat dans l’édito du Financial Times qui titre : « les marchés ont besoin de clarté et de calme. »
A moins qu’on ne sache plus très bien où l’on en est, c’est l’analyse des Echos. « La finance mondiale est devenue tellement sophistiquée, désintermédiée, dématérialisée », écrit l’éditorialiste Henri Gibier qu’on n’arrive plus « à identifier où les risques se sont nichés. »
Revue de presse par Muriel Paradon