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Economie

La crise des crédits US ébranle les Bourses

Article publié le 10/08/2007 Dernière mise à jour le 10/08/2007 à 11:46 TU

Un «broker» à la Bourse de Chicago.(Photo : AFP)

Un «broker» à la Bourse de Chicago.
(Photo : AFP)

Les places financières d'Asie et du Pacifique ont à leur tour été malmenées ce vendredi après les places européennes et américaines la veille : -2,88% à Hong Kong, -2,37 à Tokyo, -4,2 à Séoul. Les premiers échanges en Europe ce matin sont également orientés à la baisse. Ce sont toujours les craintes liées aux crédits immobiliers américains qui alimentent ces mouvements. Et la Banque centrale européenne (BCE) est intervenue une nouvelle fois ce matin en injectant plus de 61 milliards d'euros dans le circuit monétaire pour faire face à une pénuire de liquidités. La presse française de ce vendredi cherche des causes et des responsables et n'hésite pas à parler de crise.

« Crise » le mot est lâché et s’étale en une des quotidiens économiques.

« BNP Paribas et la BCE attisent la crise des marchés » titre La Tribune. « Crise : les banques centrales volent au secours des marchés », selon Les Echos. Le Figaro se distingue en parlant, lui, de « coup de tabac ».

En une également de ces quotidiens : des photos de traders angoissés qui se prennent la tête entre les mains. Le Fig-éco, dans ses explications, donne la parole à l’un d’entre eux : « C’était de la folie, plus personne ne voulait coter ou offrir des prix, même les grandes banques s’étaient retirées. »

Alors que s’est-il passé ? C’est la fameuse crise des crédits immobiliers à risque aux Etats unis qui s’est propagée. Et c’est « BNP Paribas qui a mis le feu au poudre » selon les termes de La Tribune, en suspendant trois fonds liés à ces crédits.

Les journaux reviennent également longuement sur l’intervention record de la BCE, la Banque centrale européenne : 94 milliards 800 millions d’euros injectés dans le circuit interbancaire, « un montant supérieur à celui décidé au lendemain des attentats du 11 septembre » rappellent Les Echos.

 « Entre excès et perte de confiance » selon Henri Gibier dans Les Echos. L’éditorialiste explique que ce n’est pas tant la décision de BNP Paribas de geler ses fonds liés aux crédits à risques qui a provoqué ce qu’il appelle « un brusque ressac », car cela ne concernait qu’ « une infime partie de ses avoirs bancaire ». C’est davantage le moment où cette annonce a été faite. Il y a une semaine, la banque française, « en présentant ses résultats, exceptionnellement bons, avaient souligné que grace à sa prudente gestion, elle était préservée des remous apparus dans les eaux troubles de l’immobilier américain(...) Qu’une maison réputée aussi prudente se dédise a fait paniquer les investisseurs », explique l’éditorialiste des Echos.

Une attitude que condamne en tous cas son confrère de La Tribune. Pascal Aubert écrit qu’il « serait peut être temps de rappeller aux entreprises cotées qu’elles ont des devoirs à l’égard des épargnants », comme le devoir d’information sur les risques à venir. « Pour sortir de cette situation il n’y a qu’une seule et unique issue, dit -il : la franchise ». Même constat dans l’édito du Financial Times qui titre : « les marchés ont besoin de clarté et de calme. »

A moins qu’on ne sache plus très bien où l’on en est, c’est l’analyse des Echos. « La finance mondiale est devenue tellement sophistiquée, désintermédiée, dématérialisée », écrit l’éditorialiste Henri Gibier qu’on n’arrive plus « à identifier où les risques se sont nichés. »

Revue de presse par Muriel Paradon