par RFI
Article publié le 01/01/2000 Dernière mise à jour le 01/01/2000 à 05:08 TU

Raymond Barre avait aussi défrayé la chronique en disant des Corses : « s'ils veulent leur indépendance, qu'ils la prennent ! »
(Photo : Reuters )
Né à Saint Denis de la Réunion en 1934, Raymond Barre ne s'est installé en métropole qu'après la seconde guerre mondiale, à 22 ans.
Après des études de droit et de sciences économiques, les politiques ne tardent pas à repérer ce personnage talentueux et à l'esprit indépendant.
En 1959 il fait son entrée au cabinet du Ministère de l'Industrie et fait ses classes dans les ministères jusqu'à la consécration de 1976, quand Valéry Giscard d'Estaing le nomme Premier ministre, avec ce compliment qui restera: "le meilleur économiste de France"
Pendant cinq ans, il va mener non sans mal une politique d'austérité pour faire face au chômage et à l'inflation, dans la suite du choc pétrolier.
Proche de l'UDF, Raymond Barre a toujours refusé d'adhérer à un parti, mais cela ne l'empêchera pas en 1988, après le premier mandat de François Mitterrand, de se présenter à l'élection présidentielle.
Longtemps en tête dans les sondages, il recueillera au final 16,53% des voix, devancé par Jacques Chirac et François Mitterand.
La suite de son parcours est plus classique: maire de Lyon de 1995 à 2001, il se retire de la vie politique en 2002.
Sa dernière intervention, en janvier dernier, viendra ternir une image plutôt bonne: trois jours après le décès de Maurice Papon, le haut fonctionnaire de Vichy condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité, Raymond Barre prend la défense de celui qui a aussi été son ministre du budget de 1978 à 1981.
Il dénonce aussi une campagne menée contre ce qu'il appelle le "lobby juif" contre lui, en raison d'une expression malheureuse qu'il avait utilisée en 1980 lors de l'attentat de la rue Copernic à Paris: le Premier ministre d'alors avait déploré « cet attentat odieux qui voulait frapper les Juifs se trouvant dans cette synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ».
Son mépris du "microscome", son refus du vouloir-plaire et son franc-parler lui ont valu autant de respect que de critiques.
Raymond Barre a été hospitalisé le 11 avril au Val de Grâce à Paris en urgence, à la suite d'un malaise cardiaque. Il est décédé cette nuit.
«Raymond Barre a laissé le souvenir d'une politique d'austérité économique et sociale. L'opposition socialiste l'avait surnommé le «père la rigueur». La tâche qui lui incombe en 1976 est claire : s'attaquer à l'inflation à deux chiffres, au chomage croissant et à la chute du franc. »