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RD Congo

Journaliste assassiné: 4 peines capitales

par  RFI (avec AFP)

Article publié le 29/08/2007 Dernière mise à jour le 29/08/2007 à 16:13 TU

Serge Maheshe, journaliste à radio Okapi, assassiné à Bukavu, le 13 juin.(Photo : AFP)

Serge Maheshe, journaliste à radio Okapi, assassiné à Bukavu, le 13 juin.
(Photo : AFP)

Le tribunal militaire de Bukavu a été particulièrement sévère dans le procès des assassins présumés de Serge Maheshe, le journaliste de Radio Okapi, abattu le 13 juin dernier dans la capitale du Sud-Kivu, à  l’extrême est de la RDC. Freddy Bisimwa et Masasile Rwezangabo, les deux civils qui avaient avoué avoir ouvert le feu sur le journaliste, ont été condamnés à la peine capitale pour « assassinat ». La cour a également condamné à mort, pour « association de malfaiteurs », Serge Mohima et Alain Shamavu qui étaient amis de la victime.  Ils étaient accusés d’avoir commandité le meurtre, mais avaient toujours clamé leur innocence. Le tribunal a acquitté la plupart des autres accusés, dont deux militaires qui avaient été présentés par l’accusation au début du procès comme étant les principaux suspects.

Serge Maheshe, 31 ans, était rédacteur à Radio Okapi, une station parrainée par les Nations unies. Il a été abattu à bout portant par deux inconnus, alors qu’il s’apprêtait à monter dans un minibus frappé du sigle de l’ONU. Les tueurs s’étaient enfuis sans tenter d’ouvrir le feu sur les deux amis de la victime. Serge Mohima et Alain Shamavu furent arrêtés au cours du procès, à la suite des interrogatoires des deux tueurs qui les ont désignés comme étant les « commanditaires » du crime. Pourtant, à la barre, la mère de la victime avait jugé « peu convaincantes » ces allégations, soutenant que son fils n’avait « jamais eu des problèmes particuliers avec ses amis ».

Maître Didier Muzaliwa, avocat des deux proches de Serge Maheshe, s’est insurgé contre le verdict, parlant même d’un montage.

Didier Muzaliwa

Avocat de Serge Mohima et Alain Shamavu, les deux amis de Serge Maheshe

«Le ministère public a fait un montage. (...) Ce ne sont pas les vrais condamnés.»

En revanche, selon maître Idesbald Byabuze, avocat de la famille de la victime, les coupables ont bien été condamnés et il faut ainsi respecter cette décision de justice.

Le procès avait débuté le 14 juin, au lendemain même du crime. Ajourné à de multiples reprises, il avait été critiqué par des organisations humanitaires qui ont dénoncé la « précipitation » de la justice militaire.

L’organisation congolaise de défense de la presse, Journaliste en Danger, s’est déclarée, mardi, « abasourdie » par la condamnation à mort des deux amis de Serge Maheshe et a palidé pour la tenue d’un procès en appel « devant un tribunal indépendant », regrettant que la cour militaire de Bukavu n’ait établi le « mobile réel du crime ».