par Valérie Hirsch
Article publié le 10/09/2007 Dernière mise à jour le 10/09/2007 à 03:34 TU
Le secrétaire d'Etat français à la Coopération et à la Francophonie, Jean-Marie Bockel, visite ce lundi l’Afrique du Sud dans le cadre d'une tournée de deux jours dans trois pays d'Afrique australe. Ce déplacement s'inscrit dans un contexte de coopération accrue qui s'accompagne par un rapprochement entre Paris et Pretoria sur le plan politique et économique.

De notre correspondante en Afrique du Sud,
Quelques jours après l’accueil triomphal de Nelson Mandela à Paris, Jean-Marie Bockel entame lundi une tournée en Afrique du Sud, au Lesotho et en Namibie. Après un déjeuner à Pretoria avec le ministre sud-africain adjoint aux Affaires étrangères Aziz Pahad, il visitera des projets de coopération.
L’Agence française de développement a déboursé pas moins de 500 millions d’euros en cinq ans, notamment pour des projets de développement des services publics de base, d’appui aux PME et à la participation des Noirs dans l’économie. L’Afrique du sud est devenue l’un des pays de concentration de l’aide française.
Cette coopération accrue s’accompagne, sur le plan politique et économique, par un rapprochement entre les deux pays. La méfiance avec laquelle l’Afrique du Sud a longtemps considéré la France – en raison de sa politique africaine, au Rwanda notamment, et de son opposition au démantèlement des subventions agricoles européennes – appartient au passé.
Même le dossier ivoirien, sur lesquels les deux pays se sont affrontés (en 2005, le président Jacques Chirac avait rejeté la médiation sud-africaine, en prétextant que Thabo Mbeki ne connaissait rien à « la psychologie et l’âme » des francophones d’Afrique de l’ouest) n’est plus une pomme de discorde, depuis l’accord de Ouagadougou signé en mars dernier par les belligérants ivoiriens. Paris et Pretoria coopèrent de manière positive sur le Soudan, la RDC, le Burundi, les Comores, le Nepad et l'Union africaine.
Un rapprochement certain
Côté économique, les relations ont aussi tendance à se renforcer : la France n’est que le 7e partenaire commercial de l’Afrique du Sud (3 milliards d’euros d’échanges commerciaux) mais toutes les grandes entreprises françaises sont présentes dans le pays. Un énorme contrat pourrait prochainement être signé avec Areva dans le domaine nucléaire.
La multiplication des visites (5 ministres français sont venus à Johannesburg en 2006, y compris le Premier ministre Dominique de Villepin) ont aussi aidé à ce rapprochement. Les relations n’ont sans doute jamais été aussi bonnes, comme le prouve le passage de Thabo Mbeki à Paris, en avril dernier, pour dire adieu au président Chirac dont il avait salué « la grande disponibilité envers l'Afrique ».
Preuve plus récente et plus éclatante encore, l’éloge fervent exprimé par le président sud-africain après le discours de Nicolas Sarkozy, le 26 juillet à Dakar. Le « père » de la Renaissance africaine lui a adressé « sans hésitation un grand merci pour ce que vous avez dit, la manière et l'endroit où vous l'avez dit ». Un appui d’autant plus apprécié par Sarkozy – qui l’a immédiatement remercié par écrit - que ce discours avait entraîné un concert de protestations de nombreux intellectuels africains.
Le nouveau président français pourrait venir à Pretoria avant la fin de l’année. En attendant, les Sud-Africains comptent surtout sur la France pour leur offrir une victoire… à la Coupe du monde de rugby !