par RFI
Article publié le 17/09/2007 Dernière mise à jour le 17/09/2007 à 19:23 TU

Ernest Bai Koroma est un ancien assureur de 53 ans. Il vient de Makeni dans le Nord de la Sierra Leone. Et c'est en 2002 qu'il a été porté à la tête de l'APC (Congrès de tout le peuple).
Son principal atout, c'est qu'il semble vierge de toute affaire de corruption. Il a mené une carrière sans faute, c'est en tout cas l'image qu'il donne.
Son principal handicap, c'est sans doute l'héritage très lourd de son parti, l'APC, qui avant d'être dans l'opposition a été au pouvoir de 68 à 92. Et donc derrière Koroma on trouve toute une série d'anciens caciques du régime qui voient dans sa victoire l'occasion de leur revanche.
Koroma s'est engagé à rétablir la stabilité dans le pays pour attirer les investissements étrangers. Il s'est également engagé à combattre la corruption et à rétablir les services de base, comme l'eau et électricité. Pour réaliser ce programme, il bénéficie déjà de la majorité au Parlement.
«Quelques heures seulement après l'annonce officielle de sa victoire, Ernest Baï Koroma prêtait serment et prenait fonction »Le président Koroma a prêté serment
Par Olivier Rogez
La victoire de l’opposition repose en grande partie sur la volonté de changement des Sierra-Léonais après une décennie de pouvoir du SLPP, le parti du peuple de Sierra Leone. Mais c'est également une victoire qui s'est faite grâce au soutien exprimé par le troisième homme de cette élection, Charles Margaï. Il avait totalisé quelque 14% des suffrages avait appelé à voter Koroma.
Ce week-end, l'équipe du vice-président sortant, Berewa, est même allé jusqu'à déposer un recours pour empêcher la commission électorale d'annoncer de nouveaux résultats, ce qui a immédiatement été interprété par les partisans de Koroma comme une façon d'essayer de stopper leur victoire.
«Je lui ai dit du fond du cœur que je serai disponible pour l'aider en tant que consultant privé»
La commission a passé outre aux différentes pressions et a annoncé cette alternance par les urnes. Reste à savoir maintenant comment les sortants vont se comporter après leur défaite. Est-ce qu'ils vont la reconnaître ou en appeler à la rue. La sécurité a, en tout cas, été renforcée à Freetown, la police a installé des barrages dans la capitale, et les écoles et commerces sont fermés.