Article publié le 20/10/2007 Dernière mise à jour le 20/10/2007 à 00:16 TU

Le généticien et biochimiste américain James Watson, prix Nobel de médecine en 1962.
(Photo : Wikimedia Commons)
Le prix Nobel de médecine, l’Américain James Watson, annule sa tournée britannique et rentre aux Etats-Unis. Il vient d’être suspendu de toutes ses fonctions par le laboratoire qui l'employait. L’un des co-découvreurs de la structure de l’ADN est accusé d’avoir tenu des propos racistes dans un entretien à l’hebdomadaire britannique Sunday Times, où il se déclarait « foncièrement pessismiste sur l'avenir de l'Afrique ».
Avec notre correspondante à Washington, Donaig Le Du
C’est un article du Sunday Times publié dimanche dernier qui a déclenché le scandale.
Le généticien de 79 ans, qui se trouvait en Grande-Bretagne pour assurer la promotion de son dernier livre, y affirmait que l’intelligence des Africains n’était pas la même que celle des Occidentaux blancs. « Nos politiques sociales se fondent sur le fait que leur intelligence est la même que la nôtre (Occidentaux blancs) alors (…) que toutes les recherches concluent que ce n’est pas vraiment le cas », a-t-il déclaré au journal britannique.
Ces propos ont provoqué une vague de protestations, avec entre autres l'annulation de conférences au musée des sciences de Londres et à l’université d’Edimbourg.
James Watson a rendu public un communiqué assez embrouillé, dans lequel il affirme : « Je suis profondément mortifié par ce qui s’est passé. Et le plus grave, c’est que je ne peux pas comprendre comment j’ai pu dire ce sur quoi on me cite. Je peux certainement comprendre pourquoi les gens, en lisant ces mots, ont réagi comme ils l'ont fait. Je ne peux que présenter mes excuses sans réserves… ».
Ces excuses n'ont pas calmé grand monde. Jeudi, le conseil d’administration du laboratoire de recherches dont le docteur Watson était le numéro deux (l'Institut de recherches de Cold Spring Harbor) s’est réuni, et l’a suspendu de toutes ses fonctions.
James Watson a obtenu le prix Nobel de médecine en 1962 pour ses découvertes sur l'ADN. Il a déjà suscité l’indignation par le passé en déclarant par exemple qu’il pouvait y avoir un lien entre la couleur de la peau et les pulsions sexuelles, ou que les femmes devraient avoir le droit d’avorter, si des tests permettaient un jour de savoir que leur enfant à naître était porteur du gène de l’homosexualité.