Article publié le 20/10/2007 Dernière mise à jour le 20/10/2007 à 13:45 TU

Une délégation africaine du G24 lors de la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale.
(Photo : AFP)
Avec notre envoyée spéciale à Washington
A l'ordre du jour de ces réunions annuelles, la crise sur les marchés financiers et l'économie mondiale. Comme le veut la règle, c'est Rodrigo de Rato, le directeur général du FMI qui a déterminé le programme. Aujourd'hui, c'est en effet le comité monétaire et financier international qui se réunit.
Mais toute la semaine en fait, il y a eu des réunions de groupes et des présentations de rapport. C'est à cette occasion qu'ont été présentées des perspectives économiques un peu moroses : le FMI prévoit en effet une croissance en baisse en 2008 dans le monde, et surtout aux Etats Unis, à cause des conséquences de la crise sur les marchés financiers.
Mais la question de la réforme du FMI sera en arrière-plan de la réunion. L'organisation est en effet en pleine crise d'identité. Sa fonction d'aide aux pays en difficulté financière en échange de politiques économiques drastiques, est de plus de plus en plus contestée. On a par ailleurs peu entendu le FMI sur la crise financière de cet été ou la politique des changes qui pose problème (notamment avec la monnaie chinoise accusée d'être dépréciéé) alors que le FMI a un rôle de stabilisateur dans ces domaines.
Autre problème, le FMI est confronté à une crise budgétaire très importante. L'agence Standard and Poor vient de sortir une étude indiquant que le FMI avait perdu 110 millions de dollars en un an, et que si ça continuait, ces pertes pourraient doubler en 2008 et mettre en danger l'efficacité de l'institution.
Le FMI a bien conscience qu'il faut réformer notamment sur la question d' une meilleure représentation des pays émergents et des pays en développement Créé en 1944, il ne peut plus ressembler à celui de 2007 car le monde a évolué. Parmi les 185 pays représentés, ce sont surtout les Etats-Unis et les pays européens qui disposent de plus de droits de vote, donc de pouvoir. Ainsi, les Etats-Unis ont plus de 16% des droits de vote alors que la Chine dispose de moins de 4% alors que c'est pourtant elle qui entraîne la croissance mondiale.
Une réforme inachevée
Une réforme a été entamée par Rodrigo de Rato mais le directeur général quitte ses fonctions dans les jours qui viennent, à deux ans de la fin de son mandat, en laissant cette tranformation inachevée. Son successeur, Dominique Strauss-Khan qui prend ses fonctions le premier novembre, a promis de poursuivre cette réforme afin de donner plus de poids à ceux qui n'en n'ont pas. Sur ce chapitre notamment, l'ancien ministre français de l'Economie et des Finances est attendu au tournant.
Vendredi, le groupe des 24 qui représente ces pays a été très critique sur le bilan de Rodrigo de Rato. Les 24 veulent une réforme à la fois rapide et qui dure dans le temps. On sait que le risque c'est de voir émerger d'autres institutions, comme la Banque du sud en Amérique latine, qui pourrait concurrencer le FMI tout comme la Banque mondiale.