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Etats-Unis/Economie

Le symposium des Amériques

par Anne Toulouse

Article publié le 25/11/2007 Dernière mise à jour le 25/11/2007 à 16:15 TU

Hervé Novelli, ministre français du Commerce extérieur.(Photo: Ass. nat.)

Hervé Novelli, ministre français du Commerce extérieur.
(Photo: Ass. nat.)

Les 15 et 16 novembre s'est tenu, à Miami, le symposium des Amériques, une réunion unique en son genre puisqu'elle a rassemblé tous les acteurs du commerce extérieur français : le ministre Hervé Novelli, les représentants des missions économiques, les conseillers du commerce extérieur de la France et 80 dirigeants de petites et moyennes entreprises françaises.
Des PME ont rendez-vous avec leurs partenaires
« C'est agréable de constater que les gens pour qui nous payons des impôts s`occupent enfin de nous » expliquait Philippe Tissot, qui dirige EIE Global, une société de gestion de congrès et de salons. Son entreprise est déjà présente sur le marché américain, mais cherche de nouveaux partenaires. Il fait partie de ceux qui ont été sélectionnés, parmi les dirigeants d`un millier de petites et moyennes entreprises, démarchées depuis le mois de juin dernier en France, pour participer à une sorte de laboratoire de l'exportation sur le marché américain.
Avant deux jours de débats, de conférences et de réflexion à Miami, les représentants des entreprises ont pendant trois jours été répartis dans plusieurs grandes villes américaines où les missions économiques françaises leur avaient organisé des rendez-vous avec des partenaires potentiels.
Des acteurs mal connus du commerce extérieur français
Cette opération est venue se greffer sur la réunion prévue de longue date des conseillers du commerce extérieur de la France. Ils sont plus de 3 000 à travers le monde et si leur action est mal connue leur rôle est capital. Il s'agit de chefs d'entreprises français qui acceptent bénévolement d'aider les entreprises de leur secteur d'activité à s'installer à l'étranger. De plus, tous les mois, ils fournissent au gouvernement un rapport sur la situation économique de la zone géographique ou ils opèrent. « Je vis aux Etats-Unis depuis 8 ans, mais je suis toujours très proche de mon pays », explique Jean-Laurent Villon qui, à trente ans, est le plus jeune conseiller sur le territoire américain. Il a fondé son entreprise publicité Safran, à Chicago il y a 6 ans et a été repéré par la mission économique locale. Le rôle de conseiller est gratifiant, car c'est une mine de contact de hauts niveaux pour ceux qui font partie de ce réseau. Mais il est aussi contraignant, les conseillers donnent leur temps gratuitement car, selon Bruno Durieux, qui préside leur organisation « on ne peut pas mettre un prix sur l'expertise qu'ils apportent ».
Les conseillers du commerce extérieur travaillent en liaison avec les missions économiques françaises. Elles sont au nombre de 6 au Etats-Unis.
Vaincre la complexité !
Les candidats à l'exportation qui se sont retrouvés à Miami doivent lutter contre deux formes de complexité, celle du marché américain et celle des procédures françaises. Le ministre du Commerce extérieur français, Hervé Novelli, qui présidait les travaux a reconnu que monter un dossier d'exportation est un véritable casse-tête pour une petite ou moyenne entreprise. Il a par exemple dialogué avec Alain Prenant, qui représentait avec sa femme une entreprise de deux personnes, Unicarpet. Ils produisent des tapis d'art et sont noyés dans les formalités administratives. Hervé Novelli a annoncé la mise en place d`une plate-forme, gérée par son ministère, qui prendra en charge toutes les formalités administratives d'exportations pour les petites et moyennes entreprises. Elles pourront accéder directement à ce service par un site internet.
L'une des constantes des conseils prodigués à Miami est que pour réussir sur le marché américain, il faut bien viser sa cible et prendre en compte les contraintes locales. Cyril Vidal est le directeur des ventes de ESII, une société qui produit des logiciels permettant de gérer sur ordinateur l'accueil dans les lieux publics. Sa cible naturelle était l'aéroport d'Atlanta, le plus grand du monde qui voit passer 85 millions de passagers par an. Mais il n'aura vraisemblablement pas une part de ce marché, car ses logiciels ne prennent pas en compte les normes de sécurité des aéroports américains.
Face à ce marché complexe, il y a de nombreux exportateurs décomplexés, comme Julien Marigot. Il a attaqué le commerce international à l'âge de 19 ans, en partant tout seul continuer ses études en Chine. Grâce à sa connaissance du chinois, il a servi sur place d`intermédiaire à des entreprises françaises. A 24 ans, il en est déjà à son deuxième employeur et représente maintenant la sociétés Ripack, très bien implantée sur le marche américain. Elle doit cette situation à un produit peu connu, mais indispensable, le pistolet à air chaud rétractable qui permet de sceller de gros volumes dans des films plastiques. Julien a comme client Boeing, puisque au moment de la fabrication on emballe les avions comme des packs de bouteilles d'eau minérale !
Mais la jeunesse n`est pas une vertu en soi pour ceux qui veulent conquérir le marché américain. Comme le soulignait l’organisateur de la réunion de Miami, Paul Bensabat, président des conseillers du commerce extérieur pour le nord-est des Etats-Unis : « Pour réussir dans l`exportation, ce qui compte c'est le talent et la détermination ».
(Photo : AFP)

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