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Turquie/UE

Des avancées à pas comptés vers l’adhésion

par François Cardona

Article publié le 19/12/2007 Dernière mise à jour le 19/12/2007 à 14:01 TU

La Turquie s’avance lentement vers une éventuelle adhésion avec l’Union européenne.(Photo: AFP)

La Turquie s’avance lentement vers une éventuelle adhésion avec l’Union européenne.
(Photo: AFP)

Deux nouveaux chapitres de négociation en vue de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne sont formellement ouverts ce mercredi à Bruxelles. La Turquie franchit donc une nouvelle étape, mais sans pour autant obtenir de garantie sur son avenir au sein de l’Europe. D’autant que le président français, Nicolas Sarkozy, qui s’oppose à l’entrée de la Turquie dans l’UE, multiplie les obstacles. 

La Turquie s’avance lentement sur le chemin qui devrait la mener à une éventuelle adhésion avec l’Union européenne. La décision prise lundi par les 27 pays membres de l’UE d’ouvrir deux nouveaux chapitres des négociations sera formellement rendue publique ce mercredi. Ces chapitres concernent les « réseaux transeuropéens » et la « santé et protection des consommateurs ».

Le premier vise les secteurs des infrastructures du transport, des télécommunications et de l’énergie. Il doit garantir le fonctionnement du marché intérieur européen à l'intérieur duquel doivent circuler librement les marchandises, les personnes et les services. Les différentes régions et les réseaux nationaux doivent donc être reliés grâce à une infrastructure moderne et efficace.

Le second chapitre doit assurer la sécurité des produits alimentaires. Ce qui passe par la mise en place d’une législation spécifique, d’avis scientifiques sérieux servant de fondement aux décisions et d’une politique de contrôle.

Pour autant, l’ouverture de ces deux chapitres n’est qu’un petit pas pour la Turquie sur la longue route vers l’adhésion à l’UE. Depuis le début des pourparlers en octobre 2005, seuls quatre des trente-cinq chapitres thématiques, qui doivent faire l’objet des négociations, ont été ouverts. Huit autres sont gelés depuis septembre 2006, en raison du refus de la Turquie d’ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions chypriotes grecs. Et pour l’instant, Ankara n’est parvenu à clore avec succès qu’un seul des trente-cinq chapitres.

Conditions françaises

Cette décision d’ouvrir les négociations sur ces deux chapitres a été rendue possible par la mise en place vendredi dernier, lors du Conseil européen, d’un « groupe de réflexion » sur l’avenir de l’Europe. Une condition posée par Nicolas Sarkozy. Le président français est en effet farouchement opposé à l’entrée de la Turquie dans l’UE, et il a déjà prévenu qu’il mettrait son véto à l’ouverture de cinq autres chapitres directement liés, selon l’Elysée, à l’adhésion, comme la politique économique et monétaire.

Pour Ankara, la route est donc longue et semée d’embuches. Et les Turcs n’apprécient pas ces obstacles à répétition. Dernier exemple en date, la polémique qui a suivi l’adoption, vendredi dernier, d’un texte européen par les 27 chefs d’Etats et de gouvernement européens. Ce document désigne les sessions de négociation avec la Turquie sous le terme de « conférences intergouvernementales », au lieu de l’appellation habituelle de « conférence d’adhésion ».

De nouveau, cette dénomination avait été imposée par le président français. Opposé à l’adhésion de la Turquie, Nicolas Sarkozy plaide en faveur d’un « partenariat privilégié », soutenu en cela par l’Allemagne et l’Autriche. Une proposition catégoriquement rejetée par Ankara.

« Dépourvus de bon sens » 

La voix de la Turquie n’a donc pas tardé à se faire entendre. Le ministre turc des Affaires étrangère Ali Babacan a vivement réagi, sans toutefois nommer la France, en affirmant qu’il s’agissait de « prises de position et de comportements dépourvus de bon sens ». Menaçant, Ali Babacan a prédit que cette opposition allait avoir « des répercutions négatives inévitables sur nos relations bilatérales ».

Il a néanmoins souligné que « la Turquie [n’était] pas seule », et que son projet d’adhésion était soutenu par de nombreux pays européens. Parmi ceux-ci, on trouve la Suède, qui avait fortement insisté pour que le terme de « conférence d’adhésion » soit maintenu dans le texte signé vendredi dernier. Mais en vain.

La Slovénie, qui doit présider l’Union européenne pendant six mois à partir de janvier prochain, affirme elle aussi qu’elle fera « tout ce qu’elle peut » pour parvenir à l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation avec la Turquie. Elle reconnait néanmoins que le « travail sera dur ». D’autant que c’est la France, en juillet 2008, qui prendra la présidence de l’Union européenne.