Article publié le 22/12/2007 Dernière mise à jour le 22/12/2007 à 10:12 TU
Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, qui vient d'effectuer des examens médicaux en Allemagne, a décidé de cesser progressivement de mâcher du qat, une plante euphorisante assimilée à une drogue.
Avec notre correspondant à Sanaa, François-Xavier Trégan
Cette nouvelle tentative sera-t-elle la bonne ? Revenu d’un court séjour en Allemagne où il passait des tests médicaux, le président Saleh a annoncé qu’il allait progressivement réduire sa consommation de qat.
Emmagasiner patiemment dans sa joue la petite feuille verte relève, au Yémen, d’une très forte tradition sociale. Mais la liste des ses effets économiques ou sanitaires a depuis longtemps entamé sa dimension symbolique.
Le président Saleh avait essayé de donner l’exemple, une première fois, en 1999. Il s’était alors tourné vers l’informatique, le billard et le jogging comme substituts. Sans succès...
Il annonce aujourd’hui vouloir passer moins de temps dans les réunions communautaires dédiées aux séances de qat, pour, selon les mots de la présidence, « sauver un temps précieux ».
En contrepartie, Ali Abdallah Saleh veut multiplier les rencontres avec les forces vives du Yémen pour discuter des problèmes qui touchent le pays.
Le corps médical espèrera sans doute que l’annonce présidentielle, hautement médiatisée, ait un effet entraînant sur le reste de la population.
L’opposition politique y verra peut-être l’occasion de faire valoir ses arguments.