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Equateur

Rafael Correa prône l’amnistie pour les «mules»

Article publié le 23/12/2007 Dernière mise à jour le 23/12/2007 à 23:48 TU

 Rafael Correa, le président équatorien.(Photo : AFP)

Rafael Correa, le président équatorien.
(Photo : AFP)

Le président équatorien Rafael Correa a annoncé samedi qu'il allait demander à l'Assemblée constituante, qui remplace le Congrès, une amnistie générale pour les « mules », les petits convoyeurs de drogue, incarcérés parfois pendant des années pour avoir voulu faire passer quelques grammes de cocaïne aux Etats-Unis. Une politique qui n’est pas étrangère à un drame qui a frappé il y a des années la propre famille du président.

Avec notre correspondant à Quito, Eric Samson

C'est un aspect de sa vie sur lequel le président équatorien est toujours resté discret. Parlant d'une enfance pauvre, difficile, mais heureuse, son curriculum vitae note simplement que Rafael Correa, ses frères et sœurs ont été élevés par leur mère. En avril dernier, quelques mois après son arrivée au pouvoir Correa a finalement et sobrement reconnu que son père avait été absent pour une « bonne » raison : trois ans de prison aux Etats-Unis pour trafic de drogue.

Le film colombien de Joshua Marston, <em>Maria, pleine de grâce </em> (2004) relate l'histoire d’une jeune femme enceinte qui se résigne à «faire la mule» c'est-à-dire à transporter de la drogue dans son estomac pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille.(Source : ARP selection)

Le film colombien de Joshua Marston, Maria, pleine de grâce (2004) relate l'histoire d’une jeune femme enceinte qui se résigne à «faire la mule» c'est-à-dire à transporter de la drogue dans son estomac pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille.
(Source : ARP selection)

Rafael Correa a parlé de son père, aujourd'hui décédé, comme d'un homme désespéré de ne pouvoir s'occuper décemment de sa famille, et qui était  tombé sous la coupe de trafiquants de drogue.

Ces petits transporteurs ont un nom en Equateur, las mulas, « les mules ». Les trafiquants les recrutent souvent dans les cimetières ou les hôpitaux, où  ils recherchent des hommes et des femmes aux abois, n'ayant pas d'argent pour se soigner ou pour enterrer un proche.

Souvent dénoncées par les propres trafiquants, qui en profitent pour faire passer des chargements beaucoup plus importants, ces « mules », sont souvent condamnées à des peines de 8 à 10 ans pour quelques grammes de drogue. En parlant comme d'un châtiment barbare, Rafael Correa souhaite donc que les « mules » soient amnistiées et que les peines contre les grands trafiquants soient au contraire renforcées.