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Inquiètude

Les artistes manifestent contre le désengagement de l'Etat

par  RFI

Article publié le 29/02/2008 Dernière mise à jour le 01/03/2008 à 14:35 TU

La Comédie-Française à Paris. Photo prise en février 2004(Photo : AFP)

La Comédie-Française à Paris. Photo prise en février 2004
(Photo : AFP)

Pour dénoncer la baisse des subventions de l'Etat qui met en péril la scène artistique française, une manifestation a eu lieu ce vendredi après-midi au Palais Royal à Paris, tout près du ministère de la Culture, à l'initiative du Syndicat national des entreprises culturelles et artistiques. Pour les acteurs du spectacle vivant, la diversité artistique et culturelle est en danger : la réduction des subventions pour 2008 fait que les acteurs culturels sont dans la plus grande incertitude, ne sachant pas en février ce qu'ils auront comme financements d'ici décembre... Les plus touchés par ce désengagement de l’Etat sont les associations artistiques et culturelles, compagnies, salles de spectacles et lieux d’accompagnement des pratiques amateurs. Or, ce sont ces entités qui constituent le vivier de la création et de l’innovation, et sont les plus proches des populations.

Présentées comme des « gels », les restrictions budgétaires annoncées  début janvier par la ministre de la Culture s’avèrent être des suppressions pures et simples de crédits. Les compagnies et institutions théâtrales publiques se voient infliger une baisse de 4% pour celles installées en Ile-de-France, Paris et sa région, et de 6% pour celles qui sont directement gérées par le ministère de la Culture.

Les arts vivants voient ainsi leur budget rétrécir comme peau de chagrin, avec comme conséquence directe, l'affaiblissement des capacités de création et un maintien plus difficile des activités. Si rein ne bouge, cela pourrait être pour certains la clé sous la porte dans quelques mois, voire dans quelques semaines.

Pour compenser ces baisses, l’Etat veut passer le relais aux régions, ce qui ne calme pas les esprits, au contraire ; cette décision a provoqué l’inquiétude dans la profession, qui pense que l’Etat renforce les inégalités territoriales, fragilise les petits structures de proximité, lamine l’action du service public, bref, que l’Etat veut démanteler le maillage artistique et culturel français, avec ce risque de confiner le pulic à l’offre unique des industries du divertissement.

De maigres économies pour de bien grands dégats, telle est la crainte de l'ensemble du monde du spectacle qui descend donc dans la rue aujorud’hui.

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Mercredi, au théatre de l'Odéon, une centaine de metteurs en scène du théâtre public s'étaient déjà réunis pour dénoncer le désengagement de l'Etat et les baisses de subventions. Parmi eux Ariane Mnouchkine, la directrice et fondatrice du Théâtre du soleil, qui estime qu'au-delà des problèmes de financement des théatres, c'est l'ensemble de la culture qui est aujourd'hui menacée. Ariane Mnouchkine regrette aussi que le « grand public » n'en soit pas toujours conscient, ou pire, qu'il méprise parfois la création artistique :

Ariane Mnouchkine

Femme de théâtre

« On m'a dit : avec vos subventions, on pourrait bâtir deux logements sociaux... L'art sert à construire des âmes... Dans le désenchantement actuel, le combat est de rappeler que nous participons à la construction d'hommes et de femmes véritablement humains. »

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29/02/2008 par Anastasia Becchio