Article publié le 01/03/2008 Dernière mise à jour le 01/03/2008 à 13:00 TU

Louis Gallois se félicite de fournir des ravitailleurs à l'armée de l'air américaine et parle d'un «succès exceptionnel».
(Photo : AFP)
Le groupe aéronautique européen EADS et son associé américain Northrop Grumman ont remporté un appel d'offre du Pentagone. Le contrat porte sur 179 avions ravitailleurs en plein vol. Mais au-delà de la manne financière, 40 milliards de dollars environ, ce contrat marque la supériorité d'EADS sur son concurrent américain Boeing. Le président d'EADS, le Français Louis Gallois, parle d’ « un succès exceptionnel ».
Avec notre correspondant à Washington, Pierre-Yves Dugua
C’est une énorme victoire pour EADS et son associé américain Northrop Grumman en première ligne dans la compétition avec Boeing.
Aux termes de longs mois de tests et d’évaluations techniques et financières diverses, le Pentagone a choisi une version militarisée de l’Airbus A330 comme futur avion de ravitaillement en vol pour l’armée de l’air américaine. Boeing de son côté proposait une version modifiée de son 767.
Le contrat de 40 milliards de dollars porte sur 179 appareils mais ce n’est qu’une première tranche dans un marché qui en compte trois. EADS a promis d’investir des centaines de millions de dollars dans une usine en Alabama pour assembler cet appareil avec son partenaire Northrop Grumman.
EADS, déjà reconnu aux Etats-Unis pour ses hélicoptères, entre ainsi dans la cour des très gros fournisseurs du Pentagone, le meilleur client de l’industrie de l’armement.
L’humiliation, en revanche, est grande pour Boeing. Une première version du contrat avait été octroyée à l’avionneur américain en 2003 mais elle fut annulée l’année suivante après la découverte d’irrégularités qui ont conduit du reste, deux hauts responsables de Boeing en prison et fait démissionner le président de l’époque.
| De belles perspectives pour EADS |
Le consortium aéronautique européen avait déjà annoncé qu'il souhaitait faire baisser la part d'Airbus, donc du civil, de 68% à 50% de son activité. Et ce au profit de l'aviation militaire. Il voulait aussi entrer davantage sur le marché américain, si besoin par des acquisitions de sociétés. |