Article publié le 07/03/2008 Dernière mise à jour le 07/03/2008 à 05:16 TU
Avec notrre correspondant à Vienne, Blaise Gauquelin
En Autriche, on dit que le secret bancaire, c’est comme la neutralité, ça fait partie de l’identité du pays, les Autrichiens y sont très attachés. Même si le secret bancaire est moins vital pour l’économie ici que pour d’autres petits paradis fiscaux, les hommes politiques de tous bords font donc front commun contre ceux qui, à Bruxelles ou à Berlin, veulent faire céder la digue.
L’Autriche argumente : « Si on fait le ménage dans l’Europe à 27, l’argent partira de toute façon à Monaco ou à Andorre, qui ne sont pas des pays membres, et qui restent donc protégés, ou, pire encore, l’argent s’envolera pour Hong Kong ou Singapour, et là, les fraudeurs seront hors de portée ». Pour les Autrichiens, autant que l’Union européenne garde 2 ou 3 pays qui ont cet avantage, au moins l’argent reste dans l’Union, dans la zone euro d’ailleurs. Chaque pays dans l’Union a ses petits avantages et ses petites dérogations, si ceux de l’Autriche tombent, il faudrait tout remettre à plat, explique Vienne.
La levée du secret bancaire n’est donc pas pour demain, entend-on un peu partout ici ; en plus, ce n’est pas quand des fortunes se montent chez les nouveaux voisins de l’Est que l’Autriche va accepter de tuer la poule aux œufs d’or.
Sur le même sujet
18/02/2008 à 10:15 TU