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France / Mauritanie

Une avocate mauritanienne victime de mauvais traitements à Roissy

Article publié le 25/03/2008 Dernière mise à jour le 25/03/2008 à 05:04 TU

Evacuation d'un immigré à l'aéroport de Roissy (archives).( Photo : AFP )

Evacuation d'un immigré à l'aéroport de Roissy (archives).
( Photo : AFP )

L’avocate mauritanienne Fatimata M’Baye semble bien avoir été la victime d'un excès de zèle de la police française. Le 11 mars dernier, la vice-présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme et présidente de l’association mauritanienne des droits de l’homme est en transit à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, au nord de Paris. Elle revient du Caire où elle a assisté à une réunion de la FIDH. Dans le vol Air France N° 765 à destination de Nouakchott à bord duquel elle prend place, se trouve aussi un jeune Mauritanien en train d'être reconduit à la frontière. Alertée par les cris étouffés du jeune homme, elle demande aux policiers de le détacher. Finalement, elle et un médecin français, Pierre-Marie Bernard, passeront 24 heures en garde à vue. Une épreuve pour cette femme qui d’ordinaire prend la défense des victimes d’arrestation arbitraires.

Avec notre correspondante en Mauritanie

C’est visiblement très éprouvée parce qu’elle a vécu que l’avocate Fatimata M’Baye a répondu lundi soir pour la première fois aux questions des journalistes. Connue pour son engagement en faveur des droits de l’homme, cette femme respectée raconte la nuit sordide qu’elle a passée dans une cellule crasseuse de la police judicaire de l’aéroport de Roissy. Elle s’est surtout sentie humiliée par les policiers qui l’ont arrêtée, l’ont privée de ses effets personnels et lui ont fait subir une fouille corporelle.

Maître Fatimata M'Baye

Avocate, vice-présidente de la FIDH

« C’est un viol... Fouiller l’intimité… c’est dégradant, inadmissible pour la France...»

Maître Fatimata M'Baye le répète, ni elle ni le médecin français n’ont commis de délit, ils n’ont fait que s’élever contre un traitrement qu’ils ont jugé dégradant et indigne de la personne humaine. Désormais, si la procédure judicaire française devait aller plus loin, ils se réservent le droit de porter plainte.