Article publié le 17/05/2008 Dernière mise à jour le 18/05/2008 à 00:07 TU
Les enlèvements se multiplient en Algérie : 375 cas ont été enregistrés en 2007, a annoncé le ministre de l'Intérieur. Les familles des victimes ont versé aux ravisseurs - groupes d'insurgés islamistes ou bandes criminelles - 12 millions d'euros de rançons, a précisé Noureddine Yazid Zerhouni.
Avec notre correspondant à Alger, Amar Ben Salem
C'est le ministre de l'Intérieur, NoureddineYazid Zerhouni, qui a fourni ce chiffre officiel en réponse à une question orale d'un sénateur. Un chiffre inédit qui témoigne de la hausse de la criminalité à laquelle doivent faire face aujourd'hui les services sécurité.
L'enlèvement, phénomène nouveau en Algérie, remonte toutefois à quelques années. Au départ, c'était un moyen de financement du terrorisme.
Pour l'année 2007, selon les données du ministre de l'Intérieur, sur les 375 cas de kidnappings recensés, 115 sont le fait du terrorisme et 260 relèvent du droit commun.
Au total, ils ont donné lieu au versement de rançons estimées à 12 millions d'euros. Ces enlèvements ont généralement ciblé des milieux aisés, des entrepreneurs, des commerçants, des fils ou frères de patrons d'entreprises.
Sur ce terrain, les groupes terroristes ont particulièrement sévi en Kabylie alors que le grand banditisme a usé du rapt en plusieurs points du pays.
En général, ces kidnappings s'achèvent par le versement de la rançon et la libération de l'otage. Mais pas toujours, comme ce fut le cas d'un garçon de 10 ans, retrouvé mort dans la région de Sétif et dont les deux auteurs présumés de son enlèvement ont été interpellés il y a quelques jours en France.