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Revue de presse hebdomadaire

Revue de presse des hebdomadaires du 18/05/2008

« Epoustouflant! » C’est le superlatif  affiché ce matin en une de L’Equipe qui parle d’une 38e journée de Ligue 1 « historique », rien de moins et d’une soirée qui a répondu à toutes les attentes. Dans son éditorial, Michel Dalloni estime que « En une soirée hier, le championnat de France 2007/2008 aura justifié largement les 600 millions d’euros dépensés par Canal+ pour en retransmettre les images. Avalanche de buts (43 en tout), gestes techniques exceptionnels, renversements de situation, rires et larmes (...), ça valait le coup d’attendre jusque là, poursuit notre confrère. »

Et comme toujours a la télé, c’est le héros qui gagne à la fin. Le héros hier soir c’était Lyon. « Voila l’Olympique Lyonnais détenteur d’un record de 7 titres consécutif unique dans les grands championnats européens », note le quotidien sportif. « Paris Sauvé », souffle Le Parisien-Dimanche qui sacre Amara Diané héros du PSG. « En inscrivant les deux buts parisiens à Sochaux, l’attaquant ivoirien a offert au club de la capitale son maintien en Ligue 1 dans les dernières minutes », explique le journal.

Il y en a en revanche qui ont la gueule de bois ce matin. Il s’agit de certains supporters lensois qui ont laissé éclater leur tristesse au coup de sifflet final du match Lens-Bordeaux qui s’est soldé par la relégation pour les Sang et Or. Le Journal du Dimanche décrit: «  Jets d’une dizaine de fumigènes, début de bagarre avec les stadiers, pelouse envahie et intervention des CRS. » Pour Le JDD, « les Ch'tis sont en détresse ». « Les larmes de Yohann Demont ont conclu la soirée, poursuit le journal, entre rage et chagrins. »

Le festival de Cannes perd-t-il ses paillettes ?

L’autre actualité de la semaine que l’on retrouve dans tous les hebdomadaires, c’est bien entendu la 61e édition du festival de Cannes. Ainsi Télérama publie cette semaine un numéro spécial.  « Le glamour existe-t-il toujours? » demande le magazine qui s’interroge « Y a t-il encore des monstres sacrés? »  Et de répondre: «  Il fut un temps ou les stars faisaient rêver. Une silhouette, du glamour et l’imaginaire collectif s’emballait. Aujourd’hui les acteurs sont ‘ bankable’ et séduisent plus les producteurs qu’il ne cristallisent nos désirs. »

Des stars il y en a bien à Cannes, mais elles sont américaines. Et c’est Le monde 2 qui fait sa une avec Clint Eastwood. A 78 ans, l’acteur-réalisateur américain vient présenter sur la croisette son dernier film, « L’échange ». Clint Eastwood qui a peut être la réponse à la question posée par Télérama : « Je me méfie de l’air du temps, explique-t-il, si mon film n’a pas de succès tant pis ! Je déteste être un suiveur. Les films qui ont marqué un tournant dans ma carrière échappaient au goût du jour. »

Mais la connotation de ce 61e festival est très politique. D’abord parce qu’on commémore cette année les 40 ans des événements de 68 qui n’ont pas épargné Cannes. La Vie rappelle ainsi «  Une image, juste une image. A Cannes dans l’ancien palais, Jean-Luc Godard accroché au rideau comme sonnant l’appel à la révolution et réclamant l’arrêt du festival. C’était le 19 mai 1968. » Et à ce sujet, Le Monde 2 publie un article intéressant sur les « oubliés de Cannes en 1968 ». « Ils s’appelaient Milos Forman, Jan Nemec et Jiri Menzel, fers de lance de la nouvelle vague tchécoslovaque, favoris pour le palmarès. Cannes devait leur offrir la reconnaissance alors que le Printemps de Prague battait son plein », écrit l’hebdo, mais l’annulation du festival les jette, pour un temps en tout cas, dans l’oubli. Milos Forman venait défendre cette année-là « Au feu les pompiers », favori pour la palme. 40 ans après, Forman prend les choses avec le sourire. « Nous nous battions à Prague  pour retirer le drapeau rouge, explique-t-il. Et à Paris, mes collègues se battaient pour le planter. Et de conclure Soyons honnête, je n’ai jamais rien compris à Mai 68 ! »

Charlie-Hebdo sur le tapis rouge

Et puis l’équipe de Charlie-Hebdo est à Cannes. Elle présentait hier soir, hors compétition, le documentaire de Daniel Lecomte sur la polémique des caricatures de Mahomet. « C’est dur d’être aimé par des cons ! ». Dans son numéro de cette semaine Charlie s’est évidemment fait l’écho de son film en revenant notamment sur cette polémique vue par ses acteurs, les journalistes qui ont choisi de publier les dessins au nom de la liberté d’expression, souvent au prix d’un séjour en prison. « Notre métier c’était de publier ces caricatures, estime ainsi un confrère jordanien : les musulmans étaient manipulés et devaient se faire une opinion eux mêmes. D’ailleurs quand les journaux danois ont republiés ces dessins récemment, poursuit le journaliste, les réactions sont restées pacifiques, preuve qu’ils ont compris que ces caricatures ne méritaient pas tout ce pataquès. » Pour Le Journal du Dimanche, le documentaire de Charlie-Hebdo peut être résumé en 4 mots : « une leçon de démocratie ».


par Pierre  Pinto

[18/05/2008]


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