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RD Congo

Verdict attendu dans l'affaire Maheshe

par  RFI

Article publié le 21/05/2008 Dernière mise à jour le 21/05/2008 à 11:57 TU

Serge Maheshe, journaliste à radio Okapi, assassiné à Bukavu, le 13 juin 2007.(Photo : AFP)

Serge Maheshe, journaliste à radio Okapi, assassiné à Bukavu, le 13 juin 2007.
(Photo : AFP)

Le tribunal militaire de Bukavu doit rendre aujourd'hui son verdict dans l'affaire Serge Maheshe, journaliste assassiné en juin 2007. En première instance, deux présumés assassins et deux amis de la victime ont été condamnés à mort. La procédure en appel s'est terminée la semaine dernière. Les Organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme et les avocats de la défense ont dénoncé au fil des audiences une série de violations flagrantes du droit.

D’entrée, un grief à l'encontre de la cour : les magistrats n'ont pas tenu compte de la lettre de rétractation des deux assassins présumés qui ont expliqué avoir accusé les deux amis de Serge Maheshe sous la pression de deux magistrats militaires qui leur promettaient de l'argent. A plusieurs reprises, les avocats de la défense se sont plaints de ne pouvoir interroger de façon approfondie les témoins.

Les autres pistes, en particulier, celles qui pouvaient mener à l'implication des militaires, « ont été délibérément négligées », affirment les observateurs. L’arme du crime présentée n'a fait l'objet d'aucune expertise balistique. Aucune autopsie n'a été réalisée. Des pièces majeures comme celle des vêtements de la victime n'ont pas été mises sous scellés.

Au cours des audiences, les observateurs congolais, internationaux et les avocats ont été intimidés. Certains ont reçu des menaces de mort envoyées par « sms » sur leur téléphone portable.

Les doutes et les zones d'ombre que le tribunal avait lui-même reconnus, à l'issue du premier procès, n'ont pas été levés lors de la procédure en appel. Ce qui fait dire aujourd'hui aux ONG que toute condamnation prononcée en l'état actuel de l'instruction reste sujette à caution et comporte un grand risque d'erreur judiciaire. Pour Amnesty international, l'injustice flagrante de ces procédures est un tort considérable infligé aux accusés et au système judicaire congolais.