par RFI
Article publié le 08/06/2008 Dernière mise à jour le 08/06/2008 à 15:38 TU
Tout a commencé la semaine dernière au port de Sidi Ifni, à 200 kilomètres au sud d'Agadir. La municipalité avait organisé un tirage au sort pour embaucher 8 personnes. Après la proclamation des résultats, les candidats malheureux ont bloqué près de 90 camions de poissons en signe de protestation, et pour réclamer du travail. Selon l'agence de presse marocaine, les jeunes chômeurs ont refusé toute médiation, et les forces de l'ordre ont donc décidé ce samedi d'intervenir.
Très tôt samedi matin, les policiers se sont déployés en masse, armés de matraques et de chiens. Des descentes ont également eu lieu dans plusieurs maisons, même inhabitées, de Sidi Ifni. L'intervention a été musclée selon plusieurs témoignages.
« Les policiers ont fait beaucoup de dégats, et beaucoup de gens ont été emprisonnés... Ils ont utilisé des bombes lacrymogènes, des matraques... C'est très choquant.»
Une vingtaine de jeunes chômeurs ont été arrêtés, et plusieurs témoins parlent de violences policières qui auraient fait des dizaines de blessés.
Des blessés dont le nombre serait plus important dans le camp des forces de sécurité que dans celui des manifestants, selon le porte-parole du gouvernement joint par RFI, qui nie le bilan du Centre marocain des droits de l'homme, selon qui les affrontements auraient fait au moins 1 mort.
« Les forces de l'ordre ont été prises à partie méchamment, avec des jets de pierres... Elles ont fait preuve d'une patience exemplaire pendant une semaine. Il n'y a pas eu de mort, même si certains font circuler ce bruit pour des raisons politiciennes. »
Les heurts sont aussi le signe des tensions que génére le chômage au Maroc, et qui touche les jeunes de plein fouet.
« Les jeunes revendiquent l'amélioration de leur vie et de leurs conditions de travail. Il n'y a que des promesses, pas de réalité. Les jeunes sont amers, marginalisés...»
Samedi soir, la police était toujours déployée en ville.