par RFI
Article publié le 17/06/2008 Dernière mise à jour le 17/06/2008 à 10:18 TU
Le gouvernement argentin fait face à des difficultés croissantes. Par milliers, les habitants des principales villes du pays ont manifesté hier leur solidarité avec le mouvement des agriculteurs. Depuis plus de trois mois, ceux-ci s'opposent à la hausse des taxes à l'exportation qui devrait permettre à l'Etat de bénéficier de l'explosion des cours mondiaux des matières premières agricoles.

Des milliers d'Argentins ont manifesté dans les rues de Buenos Aires pour soutenir les agriculteurs.
(Photo : Reuters)
La lune de miel entre les Argentins et la présidente Cristina Kirchner n'aura pas duré plus que quelques mois. On assiste aujourd'hui à une radicalisation politique. Le mouvement des agriculteurs fait tache d'huile.
Dans un premier temps, ce sont les camionneurs qui se sont joints à eux. Et maintenant, ce sont les classes moyennes des grandes villes qui se solidarisent. Non seulement les citadins imputent au gouvernement les difficultés d'approvisionnement qu'ils connaissent, mais en plus, les méthodes musclées utilisées ces derniers jours pour tenter d'enrayer le conflit ne passent pas.
Il apparaît de plus en plus que la présidente Kirchner ne maîtrise pas la situation. C'est son mari et prédécesseur, Nestor Kirchner, qui prend les décisions. S'appuyant sur les piqueteros, des groupes organisés et violents qui lui sont fidèles, et sur les secteurs les plus radicaux du parti péroniste, n'ayant de compte à rendre à personne, l'ancien président est celui qui tire les ficelles.
Pour de nombreux commentateurs, la crise que traverse le pays est la plus grave depuis le soulèvement populaire de décembre 2001. Les dirigeants du secteur agricole ont appelé à une journée de lutte demain, mercredi. Ce sera la journée de tous les dangers.
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