Article publié le 17/06/2008 Dernière mise à jour le 17/06/2008 à 15:18 TU
Trois personnes ont été tuées mardi lors d'accrochages armés entre partisans de groupes politiques rivaux dans deux villages la plaine de la Békaa, dans l'est du pays. Selon l'armée, il y a eu un échange de coups de feu dans des zone mixtes où sunnites et chiites vivent côte à côte. De nombreux soldats ont été déployés pour garder la situation sous contrôle.

Un habitant inspecte une voiture calcinée après les accrochages qui ont eu lieu dans le village de Saadnayel, le 17 juin 2008.
(Photo : Reuters)
Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh
Le centre de la plaine de la Békaa fait désormais office d’abcès de fixation. A chaque fois que les négociations autour de la formation du gouvernement d’union nationale bloquent, de violents combats éclatent dans cette région entre les partisans de la majorité et ceux de l’opposition.Dans les villages de Saadnayel et Taalbaya où sunnites et chiites vivent côte à côte depuis toujours, des lignes de démarcation sont apparues. Des roquettes anti-char et des canons de mortier ont été utilisés dans les affrontements, dans la nuit de lundi à mardi, auxquels des dizaines de miliciens ont pris part.
La mouvance salafiste est très active dans le centre de la Békaa, considéré comme un des bastions des intégristes sunnites. Le Hezbollah et l’autre formation chiite, Amal, y sont également bien implantés.
Devant l’ampleur des combats, l’armée libanaise a dépêché dans la région ses meilleures unités d’élite appuyées par des dizaines de tanks. La troupe s’est interposée entre les belligérants et a installé des postes de contrôle sur les routes principales.
Mais les habitants ne se font plus d’illusion. Ils savent que seule la formation d’un gouvernement d’union nationale est susceptible d’enrayer ces violences qui se répètent trop souvent.