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Guinée

Militaires contre policiers à Conakry

par  RFI

Article publié le 17/06/2008 Dernière mise à jour le 17/06/2008 à 23:29 TU

La colère des policiers guinéens a pris un tour dramatique. Mardi matin à Conakry, l'armée a donné l'assaut contre les locaux de la Compagnie mobile d'intervention et de sécurité (Cmis), occupée par les policiers. Deux d'entre eux ont été tués. Les policiers en grève demandent des promotions en grade et des augmentations de salaire.

Si la situation semble sous contrôle, c'est tout de même un évènement sans précédent qui s'est produit ce mardi à Conakry. « Des militaires et des policiers armés qui s'affrontent en plein coeur de la capitale guinéenne, c'est du jamais vu », dit un observateur averti de ce pays.

Les militaires ont pris d'assaut peu après onze heures la caserne de la Compagnie mobile d'intervention et de sécurité où étaient retranchés des dizaines de policiers.

A l'origine, l'arrestation et la séquestration de plusieurs hauts gradés de la sécurité par des policiers en colère pour appuyer des revendications catégorielles. Une première tentative de libération des otages par des militaires s'est soldée par un échec et au moins un soldat a même été retenu en otage par la police. Il n'a été libéré qu'après une intervention d'un haut gradé de l'armée. D'où l'attaque du camp de la police par des militaires à la mi-journée.

De la base policière de la Compagnie mobile d'intervention et de sécurité, il ne reste que les murs. Les bureaux ont été saccagés, les équipements et autres matériels de bureaux emportés. Même la moquette par endroits a été arrachée et les véhicules de police saisis après les violents affrontements entre les deux corps qui ont fait au moins deux morts policiers et des dizaines de blessés de part et d'autre.

Des militaires en colère ont aussi investi le siège de la BSIP, la Brigade spéciale d'intervention de la police, située dans les locaux de la Sûreté de Conakry. Des dizaines d'autres policiers ont été arrêtés par les militaires après une véritable chasse organisée au centre-ville.

Tous ceux qui sont tombés dans les fils de l'armée ont été conduits soit au Bataillon autonome de la sécurité présidentielle soit au camp Alpha Yaya – ironie du sort – épicentre, il y a quatre semaines, d'une contestation militaire qui a abouti à la promotion en grade de plusieurs soldats et sous-officiers.