par Oihana Gabriel
Article publié le 31/07/2008 Dernière mise à jour le 01/08/2008 à 07:12 TU

La Belgique se déchire. Tintin ne sait plus où donner de la tête.
(Dessin : H. Maurel/RFI, d'après Hergé)
Les Belges devront encore attendre. Le 17 juillet dernier, le roi Albert II avait chargé François-Xavier de Donnea qui fut ministre-président de la région de Bruxelles-capitale ; Raymond Langendries qui fut bourgmestre et député européen, et le ministre-président de la communauté germanophone de Belgique, Karl-Heinz Lambertz, de faciliter le « dialogue » sur la réforme des institutions belges.
Une mission qui devait s’achever fin juillet. Mais après une entrevue ce jeudi matin avec les trois « sages » et le Premier ministre Yves Leterme, le roi a annoncé qu’au vu des « progrès », la mission serait prolongée jusqu’à la mi-septembre. En cette période de vacances, les discussions sont suspendues. Elles reprendront quand les responsables politiques seront de retour en Belgique.
« Nous ne sommes pas chargés de la solution mais de remettre les parties concernées autour de la table », a expliqué l’un des médiateurs, Raymond Langendries. Quant à Karl-Heinz Lambertz, ministre-président de la petite communauté germanophone, il a filé la métaphore. Pour lui, la situation ressemblait à celle d'un groupe de marins en désaccord sur l'endroit où il faut se rendre et sur la manière de coexister sur le bateau. « La priorité est de quitter le port, même si l'on sait que la mer sera rude », a-t-il résumé. Tous les acteurs de la crise se sont, en tout cas, engagés à ce que les négociations institutionnelles reprennent avant la session parlementaire d'octobre.
Les médiateurs devront encore réfléchir afin de sortir de l’impasse un pays de plus en plus divisé et ingouvernable depuis un an. Dernier épisode en date : le 14 juillet, le Premier ministre, Yves Leterme, avait remis sa démission (pour la troisième fois). Une démission refusée par le roi Albert II.
Difficile équilibre à trouver : les trois « sages » devront mettre d’accord les deux communautés sans que la réforme soit trop amputée. Les Flamands demandent plus de pouvoirs pour les régions tandis que les Wallons veulent garder un Etat fédéral et une solidarité nationale, voilà le nœud du problème.
Un des sujets qui devrait occuper les trois sages, c’est la manière dont les différentes échelles du pouvoir -Régions, Communautés, Etat fédéral- pourront s’associer à cette réforme de l’Etat.
Qui mènera les négociations ? C’est le principal blocage. Pour les partis flamands, les deux communautés nationales, Wallons et Flamands, devraient diriger ces discussions. Mais les partis francophones veulent, eux, que les trois régions siègent : Flandre, Wallonie mais aussi Bruxelles.
Le sondage qui inquiète
La Wallonie bientôt française ? On pourrait croire à une blague belge. Mais le sondage Ifop, publié dans La Voix du Nord et Le soir, soulève un tabou : selon cette enquête d’opinion, 49% des Wallons accepteraient de devenir Français si la Belgique devait exploser. En France, toujours selon ce sondage, qui concernait cependant 510 Wallons et 850 Français, l'idée est plutôt bien accueillie : 60 % des Français y sont favorables. Début 2008, une autre enquête d’opinion montrait que 29% des Wallons envisageaient la possibilité d’être rattachés à la France.
De là à parler de « rattachisme wallon»… Le même sondage dévoile que seulement 23% des personnes interrogées estiment la division de la Belgique possible. Il existe bien des hommes politiques, comme ceux du parti Rassemblement Wallonie-France (RWF), qui défendent l’idée d’une union avec le voisin du sud… mais les partisans de cette solution ne dépassent pas 1% des voix.
Cette éventualité reste pour le moment à l’état de fantasme. Mais ce sondage révèle, sans doute, la lassitude des 4 millions de Wallons, qui depuis plus d’un an, vivent dans un pays en crise. Et qui semblent en colère face aux 6 millions de Flamands de moins en moins disposés à partager les finances. Il faut dire que la Wallonie est une région plus pauvre, où le chômage atteint plus de 15%.
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