Article publié le 03/08/2008 Dernière mise à jour le 04/08/2008 à 08:11 TU
Le Tribunal fédéral suisse a décidé de rendre à la République irakienne une partie des avoirs de l’ancien président Saddam Hussein, bloqués depuis 1991, lorsque l’Irak avait envahi le Koweït. Ces fonds étaient détenus par la société Montana Management, appartenant à Saddam Hussein, sous forme d’actions du groupe français Lagardère.
Avec notre correspondant à Genève, Laurent Mossu
La Suisse a décidé de rendre à l’Irak les fonds cachés en Suisse par Saddam Hussein. Le pactole était gelé depuis 1991. Le tribunal fédéral, la plus haute juridiction du pays, vient de statuer. Il ordonne sa restitution au gouvernement irakien. Saddam Hussein avait placé en Suisse un trésor régulièrement alimenté. Son demi-frère, Barzam al-Takriti, alors ambassadeur auprès de l’ONU à Genève, en assurait la gestion.
Un homme d’affaires, Khalaf al-Doulaimi, aujourd’hui réfugié en Jordanie, dirigeait la société Montana Management, servant de canal aux investissements. Le capital, quelque 200 millions d’euros, est essentiellement constitué d’actions du groupe Lagardère, acquises par le biais de prête-noms et de sociétés écran.
La plus Haute Cour de Suisse stipule que cet argent détourné appartient bel et bien au peuple irakien et qu’il doit lui être rendu. Dans un premier temps, quelque 75 millions d’euros seront renvoyés en Irak. Le solde suivra lorsque les Nations unies auront rejeté le recours déposé par Khalaf al-Doulaimi qui sollicite son retrait de la liste noire «des suppôts et petites mains » de Saddam.A lire