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Angola / Législatives

La campagne a commencé

par  RFI

Article publié le 05/08/2008 Dernière mise à jour le 06/08/2008 à 08:22 TU

Plus de huit millions d’Angolais seront appelés à choisir, le 5 septembre prochain, leurs députés.(Wikipedia / montage RFI)

Plus de huit millions d’Angolais seront appelés à choisir, le 5 septembre prochain, leurs députés.
(Wikipedia / montage RFI)

Plus de huit millions d’Angolais seront appelés à choisir, le 5 septembre prochain, leurs 220 députés parmi les listes de dix partis et quatre coalitions. Près de 5 200 candidats sont en lice. Les dernières élections remontent à 1992 et avaient été organisées à la faveur d’une trêve dans la guerre civile entre le pouvoir, dominé par le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), et les rebelles de l’Union nationale pour la libération totale de l’Angola (Unita). Les résultats avaient été contestés par les rebelles et le conflit a ensuite repris jusqu’en 2002, date à laquelle le leader de l’Unita, Jonas Savimbi, a été abattu par les forces gouvernementales. Cette fois, le climat est différent. Les deux principaux partis, le MPLA du président Dos Santos et l'Unita de Isaias Samakuva, vont s'affronter sur le terrain politique, avec deux grands thèmes de campagne : la reconstruction et la lutte contre les inégalités.

Lors d’une allocution radiotélévisée, le président José Eduardo dos Santos a appelé, lundi soir, les Angolais à faire preuve de « respect et de tolérance » dans un « climat serein et apaisé », lors des prochaines élections législatives. « Ce moment représente une étape sans précédent dans la normalisation de nos institutions politiques et de la démocratie », a souligné le chef d’Etat angolais qui a également annoncé qu’« à partir de maintenant, les élections législatives seront organisées de manière régulière, avec un renouvellement périodique tous les quatre ans ». En fonction depuis 1979, dont le parti (MPLA) est au pouvoir depuis l’indépendance de l’Angola en 1975, Eduardo dos Santos a également déclaré : « Montrons au continent et au monde la façon dont on peut organiser des élections ».

Concrètement, tous les partis politiques seront traités à égalité par les médias. Chaque formation disposera de cinq minutes d'antenne à la télévision et de dix minutes à la radio pour assurer sa promotion. Le MPLA, au pouvoir, compte mettre en avant la paix et la réconciliation.

Norberto Dos Santos Kwata Kanawa

Porte-parole du MPLA

Les Angolais savent bien que sur les 33 années de gouvernance, 27 années sont de la guerre. Mais après la paix en 2002, nous avons démontré aux Angolais tout ce que nous pouvons faire. Une amélioration de vie des Angolais est là.

écouter 01 min 09 sec

05/08/2008 par Ghislaine Dupont


De son côté, le porte-parole de l'Unita, Azevedo de Oliveira Kangangé, s’est déclaré prêt à mener la campagne et qu’il faut « voter pour le changement ».

Azevedo de Oliveira Kangangé

Porte-parole de l'UNITA

Nous sommes prêts pour mener notre campagne. On va informer la population de ce que nous pensons, de comment est-ce que nous devons faire, pour que la population puisse voter en confiance et sans problèmes.

écouter 01 min 07 sec

05/08/2008 par Ghislaine Dupont


Reconstruction et lutte contre les inégalités

Il  y a 16 ans, les précédentes élections avaient été marquées par des violences. L'Unita de Jonas Savimbi avait contesté les résultats et la guerre avait repris. Cette fois, le climat est différent. Les deux principaux partis, le MPLA du président Dos Santos et l'Unita de Isaias Samakuva, vont s'affronter sur le terrain politique. Au pouvoir depuis 33 ans, le MPLA s'est engagé, lors des meetings de pré-campagne, à redoubler d'efforts pour poursuivre la reconstruction du pays. Une promesse reprise sur les affiches vantant la réalisation de ponts, de routes, d'écoles ou d'hôpitaux qui ont fleuri un peu partout, accompagnées de la photo du président.

Mais, sortie en 2002 d'une guerre civile qui a duré près de 30 ans, la population angolaise s'impatiente de ressentir les effets de la croissance. Ces derniers mois, l'Angola a rivalisé avec le Nigéria dans la course au titre de « premier producteur de pétrole du continent ». Le sous-sol angolais est également riche en gaz et en minerais. Mais 70% de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté, avec moins de deux dollars par jour. C'est sur ces inégalités que l'Unita devrait bâtir sa campagne. Et s'il semble peu probable que le MPLA subisse une défaite aux élections législatives, l'incertitude demeure sur l'ampleur de sa victoire et sur sa capacité à décrocher la majorité absolue des sièges au Parlement.

C'est sous haute surveillance de la communauté internationale que la campagne va se dérouler. L'Union européenne a commencé à déployer une mission d'observation, ce week-end. Quatre-vingt-quatre observateurs sont chargés de suivre la campagne, le déroulement du vote, mais aussi la période post-électorale. L'année prochaine, l'Angola devait organiser un scrutin présidentiel. Le président Dos Santos, au pouvoir depuis 29 ans, n'a pas encore indiqué s'il se représenterait.