Article publié le 29/08/2008 Dernière mise à jour le 29/08/2008 à 17:34 TU
Huit millions d'électeurs angolais sont appelés à élire, vendredi prochain, 220 députés pour un mandat de quatre ans, députés à choisir parmi dix partis politiques et quatre coalitions. Depuis l'indépendance du pays, en 1975, les Angolais n'ont voté qu'une fois. C'était en 1992, lorsqu'une trêve avait été signée entre le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA) et l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita). La guerre civile avait ensuite repris, lorsque le leader des rebelles Jonas Savimbi avait repris les armes refusant d’admettre sa défaite. La guerre, qui a fait au moins 500 000 morts, s’est poursuivie jusqu’au cessez-le-feu définitif conclu en 2002, après la mort de Savimbi. À une semaine des législatives, la campagne électorale a bien du mal à décoller, mais tous les Angolais semblent faire le même vœu : un vote pacifique.
Avec notre envoyé spécial à Luanda Stanislas Ndayshimie
On remarque peu de ferveur populaire dans les rues de Luanda, où c’est surtout le MPLA qui est présent. Les partis d'opposition qui s’estiment lésés, l'Unita en tête, reprochent au MPLA, au pouvoir depuis 33 ans, d'accaparer tout l'espace médiatique et toutes les ressources financières durant la campagne électorale. Le président José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979, a demandé « un peu de patience » aux partis politiques, sollicitant également leur tolérance. Il leur demande d’accepter « la volonté du peuple ». Il a rappelé, toutefois, qu’il est toujours « un joueur de l’équipe du MPLA » et a invité les électeurs à voter en masse « pour que le travail accompli de reconstruction et de réconciliation puisse être poursuivi ».
L’Angola enregistre actuellement un taux de croissance de l’ordre de 16% selon les prévisionnistes, grâce surtout à sa production pétrolière qui atteint deux millions de barils par jour. Toutefois, comme le fait remarquer l’opposition, deux tiers de la population angolaise, évaluée à 17 millions d’habitants, vit toujours dans la pauvreté.
Parmi les banderoles déployées le long de certaines rues de la capitale angolaise, les couleurs du MPLA dominent largement. On parvient à peine à repérer celles de l’Unita, du FNLA (Front national de libération de l’Angola), ou d’autres partis en campagne, dès qu’on s’éloigne des sièges de ces formations politiques. Une campagne très peu animée, par rapport à celle de 1992. Certains disent que les habitants de Luanda gardent un souvenir traumatisant des violences qui avaient suivi le scrutin d’il y a seize ans. Un souvenir que les concurrents de tout bord évitent d’évoquer directement, mais ils sont tous unanimes à proclamer vouloir des élections apaisées.
La population de Luanda serait elle fâchée avec la politique ? « Non ! », répondent en chœur les dirigeants de l’Unita et du FNLA, qui avancent une autre explication : ils ont privilégié une campagne de proximité, à la place des grands rassemblements. Disposant de peu de moyens, les cadres des partis d’opposition éprouvent d’énormes difficultés à se déplacer rapidement à travers le pays. Ils reprochent au MPLA de faire campagne avec les moyens de l’Etat. Malgré les protestations de l’opposition, les médias publics donnent un très large écho à la campagne du parti au pouvoir.
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